
Le bilan d’un glissement de terrain survenu samedi près de Bandung, dans la grande île de Java, en Indoénie, est monté à 17 morts lundi 26 janvier, et pourrait encore s’alourdir alors que 73 personnes sont toujours portées disparues.
Des dizaines de personnes sans nouvelles de leurs proches attendent dans l’angoisse lundi près du village de Pasirlangu, à 25 kilomètres au nord-ouest de Bandung, l’un des deux villages en partie enseveli samedi vers 2 h 30, heure locale (20 h 30 vendredi à Paris), par un énorme glissement de terrain dû à des pluies torrentielles.
« Il est impossible qu’ils soient encore en vie. Je veux juste que leurs corps soient retrouvés », a témoigné Aep Saepudin, un homme qui se rend quotidiennement au village pour obtenir des nouvelles des 11 membres de sa famille portés disparus, parmi lesquels se trouve sa sœur.
Deux mille militaires
« Le bilan du glissement de terrain survenu à l’ouest de Bandung s’élève désormais à 17 morts », a dit lundi Abdul Muhari, porte-parole de l’Agence nationale de gestion des catastrophes (BNPB). Des responsables locaux ont ajouté que 73 personnes étaient toujours portées disparues. Plus d’une cinquantaine de maisons ont été gravement endommagées, et plus de 650 personnes ont été évacuées, a ajouté l’agence locale de gestion des catastrophes.
Quelque 2 000 militaires, policiers et volontaires, aidés d’équipements lourds, participent lundi aux opérations de recherche au pied du mont Burangrang, sous des nuages menaçants, a constaté une journaliste de l’Agence France-Presse (AFP).
Les secouristes procédaient avec prudence, creusant parfois à la main, par crainte d’un nouvel éboulement en raison de l’instabilité du terrain et des précipitations, qui ne cessent pas. « Ce qui nous inquiète le plus, ce sont les risques de glissements de terrain ultérieurs », a déclaré Rifaldi Ashabi, un secouriste de 25 ans.
Les catastrophes, comme les glissements de terrain, sont fréquentes en Indonésie pendant la saison des pluies, d’octobre à mars, qui détrempe les sols. En novembre, trois provinces de l’île occidentale de Sumatra ont été dévastées par des inondations, qui ont fait quelque 1 200 morts, alors que des centaines de milliers d’habitants privés de toit ont été déplacés et hébergés dans des abris d’urgence.
Déforestation
Des écologistes, des experts et le gouvernement indonésien ont souligné la responsabilité de la déforestation dans les crues et les glissements de terrain qui ont dévasté ces trois provinces de Sumatra. Les autorités ont annoncé, au cours de la semaine dernière, la révocation des permis de 28 entreprises minières, hydroélectriques et d’exploitation forestière, en réponse aux inondations.
Le gouvernement indonésien a intenté plusieurs actions en justice, réclamant plus de 200 millions de dollars de dommages et intérêts à six entreprises accusées de dommages environnementaux non spécifiés.
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Le gouverneur de Java occidental, Dedi Mulyadi, a attribué la catastrophe de samedi aux vastes plantations qui entourent Pasirlangu, principalement utilisées pour la culture de légumes, et s’est engagé à reloger les habitants touchés. « Cette zone devrait être reboisée. Les habitants de la région devraient être relogés, car le risque de glissement de terrain est élevé », a-t-il déclaré.
Plus de 240 000 hectares de forêt primaire ont été perdus en 2024 en Indonésie, selon l’analyse du projet Atlas Nusantara de la start-up de surveillance de la forêt The TreeMap. Or, ces forêts contribuent, grâce aux racines des arbres, à absorber les eaux de pluie et à stabiliser le terrain.




