jeudi, janvier 22
Un chimpanzé d’Afrique de l’Ouest (« Pan troglodytes verus »), dans les monts Nimba, en Guinée.

Aux confins de la Guinée forestière, sur les savanes d’altitude et les contreforts des monts Nimba, des crapauds vivipares, des chauves-souris et des chimpanzés grippent à leur insu l’avancée d’un important projet minier. Jusqu’à quand ? Le sursis tient pour l’heure au calendrier du général Mamadi Doumbouya. Le putschiste, au pouvoir à Conakry depuis le coup d’Etat de 2021, a remporté l’élection présidentielle organisée en décembre et a été officiellement investi, samedi 17 janvier, président de la République.

« Aucune décision ne sera prise avant la formation d’un nouveau gouvernement. Ensuite, il faudra faire un choix. La survie de ces espèces est peu conciliable avec l’exploitation d’un gisement de minerai de fer », admet un haut responsable de l’administration minière à Conakry. La société américaine Ivanhoe Atlantic, qui détient la concession, attend l’accord du pouvoir pour lancer les travaux et produire le minerai qu’elle compte exporter, en le faisant transiter par le Liberia jusqu’à l’océan Atlantique.

Les monts Nimba, qui se prolongent sur de moindres étendues en Côte d’Ivoire et au Liberia, sont protégés par le statut de réserve naturelle intégrale depuis un décret pris, en 1944, par l’administration coloniale française. Ces reliefs singuliers, parmi lesquels percent quelques-uns des plus hauts sommets d’Afrique de l’Ouest, ont ensuite été classés, en 1981, au Patrimoine mondial de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco). Avant de basculer, onze ans plus tard, sur la liste des sites en péril en raison de la décision du gouvernement guinéen de redécouper les limites de la réserve pour créer une enclave ouverte à la prospection minière.

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