
Plusieurs milliers de personnes ont défilé samedi à Paris, Lyon, Nantes et Rennes pour afficher leur solidarité avec le mouvement qui a défié le pouvoir en Iran, et visé par une répression qui a fait des milliers de morts. A Paris, la foule réunie à l’appel de collectifs de réfugiés, d’organisations féministes, d’associations de défense des droits humains, de syndicats et de partis de gauche, a notamment scandé « Femme, vie, liberté » − slogan emblématique de la contestation de 2022 − et « Mort à Khamenei » en farsi avant de défiler entre le Panthéon et la place d’Italie.
« On entend passer le message aux Iraniens que malgré la chape de plomb, de balles et de silence, on sait ce qu’il se passe et qu’ils ne sont pas seuls », a expliqué à l’Agence France-Presse la sénatrice Laurence Rossignol. « Il est clair qu’après des milliers de morts, le mouvement est marqué par la peur. Mais quand on regarde tout ce qui s’est passé, il est clair que ça recommencera », a-t-elle ajouté.
L’Iran a été secoué durant près de trois semaines par une vague de manifestations déclenchées le 28 décembre à Téhéran par des commerçants contre le coût de la vie, avant de prendre de l’ampleur le 8 janvier, défiant ouvertement la République islamique en place depuis 1979. Les autorités ont alors coupé les communications par Internet, une décision visant à cacher « la brutalité » de la répression, selon des groupes de défense des droits humains.
Au moins 3 428 personnes tuées
« Le peuple iranien est descendu courageusement dans la rue et le régime a fait des massacres », lâche un des manifestants, Nasser Razi. Comme beaucoup, cet Iranien d’une cinquantaine d’années affiche toutefois confiance et détermination. « Ce régime ne tombera pas en un ou deux jours. C’est un processus qui a déjà commencé », estime-t-il en référence notamment aux précédentes contestations de 2019 et 2022.
L’ONG Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège, fait état d’au moins 3 428 personnes tuées durant les manifestations, des cas vérifiés par elle-même ou par le biais de sources indépendantes. D’autres évaluations donnent plus de 5 000 morts, voire 20 000, selon IHR, la coupure d’Internet rendant difficile le travail de vérification pour les ONG et les médias. La chaîne d’opposition Iran International, opérant de l’étranger, affirme pour sa part qu’au moins 12 000 personnes ont été tuées, citant de hautes sources gouvernementales et sécuritaires.




