mardi, janvier 13
Une membre de l’intersyndicale de médecins libéraux français s’apprétant à monter dans un bus en partance pour la Belgique, à Paris, le 11 janvier 2026.

Une intersyndicale de médecins libéraux français a dénoncé, mardi 13 janvier, de Bruxelles, « un risque d’effondrement » de la qualité des soins en France si le gouvernement de Sébastien Lecornu continue de restreindre leur liberté tarifaire, sur fond de coûts d’activité en augmentation.

Venus de France, plusieurs centaines de chirurgiens, d’anesthésistes et de gynécologues-obstétriciens se sont « exilés » symboliquement dans la capitale belge, de dimanche à mercredi, point d’orgue d’un mouvement de contestation lancé notamment par le syndicat Le Bloc (représentant ces professions du bloc opératoire).

Une manière de mesurer leur importance dans l’offre de soins en France, puisque cette action a conduit, selon eux, à « des réquisitions massives » par les pouvoirs publics, afin de limiter les fermetures de bloc dans les cliniques privées. « Des réquisitions ont été effectuées par listes de spécialistes portées aux directions des établissements, c’est illégal », a protesté le président du syndicat Le Bloc, Philippe Cuq, lors d’une conférence de presse.

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Des revendications sur la liberté tarifaire et l’innovation

M. Cuq a expliqué qu’une réquisition devait normalement être adressée personnellement au médecin visé, par courriel, ou portée à la maison par un représentant des forces de l’ordre. Selon lui, entre 400 et 500 médecins ont ainsi été contraints d’aller travailler, ce qui a réduit d’autant la participation à l’« exil » bruxellois à environ 1 500 personnes voyageant dans une trentaine de bus, contre près de 2 000 participants prévus initialement.

La question des dépassements d’honoraires cristallise le mécontentement. Ces praticiens de bloc opératoire estiment que le plafonnement des dépassements les empêche d’investir dans des robots et autre matériel de précision. « Notre système de soins est incapable de financer l’innovation thérapeutique », a fustigé l’un d’eux. Ils accusent aussi les organismes gérant les assurances complémentaires santé de ne pas prendre en charge ces dépassements d’honoraires à hauteur de leurs moyens.

Cette action symbolique dans la capitale belge, à laquelle participaient aussi le syndicat national des urologues et celui des anesthésistes libéraux, s’inscrit plus largement dans un contexte de grève de la médecine libérale. La quasi-totalité des organisations de ce secteur ont appelé à faire grève entre le 5 et le 15 janvier.

Samedi, une manifestation avait réuni à Paris entre 5 000 et 20 000 personnes (selon la police ou les organisateurs), derrière une banderole proclamant « Maltraiter les soignants, c’est maltraiter les patients ».

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Le Monde avec AFP

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