mardi, janvier 20

Parler d’aide médicale à mourir éveille en chacun d’entre nous un scrupule moral. Nous répugnons à l’idée que des professionnels de santé, dont la vocation est de prendre soin de nos vies, puissent administrer ou remettre un produit létal à un patient, même si celui-ci le demande. Nous admettons que des médecins puissent « laisser mourir » les patients, lorsque la poursuite des traitements relèverait d’un acharnement thérapeutique. Mais nous avons du mal à concevoir qu’ils puissent « faire mourir », précipiter la mort de leurs patients ou leur donner les moyens d’en hâter la survenue. Les malades en fin de vie, au stade terminal d’une maladie mortelle, méritent notre attention et notre sollicitude. Ils ont avant tout besoin que l’on soulage leurs douleurs et leurs souffrances. C’est le sens et la grandeur du soin palliatif, qui, dans bien des cas, fait disparaître les demandes de mort.

Pourquoi, alors, une proposition de loi relative à l’aide à mourir ? Parce que notre cadre légal actuel ne permet pas d’apporter une réponse satisfaisante à toutes les situations. Il permet, en toute fin de vie, de mettre en œuvre une sédation profonde et continue, d’« endormir » les patients dont le décès est prévu à très court terme – de quelques heures à quelques jours –, lorsque ceux-ci éprouvent des souffrances réfractaires [qui résistent, malgré tous les moyens mis en œuvre pour les soulager] ou insupportables.

Il ne prend pas en compte la situation des patients au stade avancé ou terminal d’une maladie qui éprouvent des douleurs ou des souffrances réfractaires, mais dont le décès est prévisible à moyen terme – et non à court terme. Ces patients qui souffrent, par exemple, d’une maladie cancéreuse ou dégénérative ont souvent derrière eux des mois, voire des années, de traitements. L’on ne parvient pas à les soigner, de sorte que leur décès est attendu à échéance de quelques semaines ou mois. Ils éprouvent des douleurs physiques ou psychiques qu’ils jugent insupportables, mais que l’on ne parvient pas à soulager, même avec un accompagnement palliatif qualifié et compétent. Ils ne sont pourtant pas éligibles à la sédation profonde et continue.

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