mercredi, août 12

Le séisme de magnitude 7,4 survenu le lundi 10 août 2026 en Colombie a fait au moins 216 morts et plus de 1 600 blessés, selon un bilan actualisé mardi soir, et provoqué d’importantes destructions dans les villes de Cali, Pereira, Manizales et Quibdó. Située à l’épicentre du séisme, la petite ville de San José del Palmar, dans le département du Chocó, « était déjà confronté à l’abandon de l’État, à une violence systémique et à de graves problèmes de connectivité », raconte le média indépendant Las2Orillas. Autant de carences dont souffre tout le Chocó et qui ne sont pas étrangères à la dévastation causée par le tremblement de terre dans cette enclave à majorité noire et indigène située à la frontière avec le Panama.

L’épicentre du séisme du lundi 10 août 2026, en Colombie. PAUL GALLET/COURRIER INTERNATIONAL

L’épicentre du séisme du lundi 10 août 2026, en ColombiePAUL GALLET/COURRIER INTERNATIONAL

Rien qu’à San José del Palmar, localité rurale de 5 000 habitants, une centaine d’édifices auraient été endommagés – mais l’absence de nouvelles données depuis lundi par les rares médias locaux, comme Chocó7días, n’aide pas à évaluer l’étendue du désastre. Plus loin, dans la ville de Nuquí, sur le littoral pacifique, un habitant raconte au quotidien national El Tiempo que « les gens ne pouvaient plus tenir debout lorsque la secousse a commencé ». « Nous avons entendu un grand fracas : c’était une maison de trois étages qui s’était effondrée. » Si l’éventualité d’un tsunami a pour l’instant été écartée, la proximité des Caraïbes et du Pacifique dans ce département extrêmement pluvieux et rempli de marécages fait craindre de possibles dégâts des eaux en cette saison des pluies.

Affrontements récurrents entre guérillas

Jusque-là, San José del Palmar était surtout connu pour être le théâtre d’affrontements récurrents entre la guérilla de l’Armée de libération nationale (ELN) et les néoparamilitaires du Clan del Golfo, qui se battent pour le contrôle des ressources minières et des routes de contrebande qui traversent le département. Lorsque des fonctionnaires du Défenseur du peuple s’étaient rendus sur place en juillet 2026, ils avaient constaté les conditions précaires dans lesquelles étudiaient les écoliers, l’absence d’hôpital – seule une vieille ambulance était disponible –, le manque d’accès à l’eau potable et à l’électricité, un isolement physique autant que numérique.

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