Dans les heures qui ont suivi le tremblement de terre survenu dans l’ouest de la Colombie, lundi 10 août 2026, les messages de solidarité et les propositions d’aide ont commencé à arriver du monde entier, depuis le Chili jusqu’au Qatar en passant par l’Inde et la République tchèque.
Mais dès le lendemain, le manque de réactivité du gouvernement colombien a commencé à poser question. Les Nations Unies ont assuré se tenir prêtes à envoyer de l’aide, bien que le gouvernement colombien ne l’ait pas formellement sollicitée.
Même constat du côté du Mexique et de la Chine qui, par la voix de son ambassadeur en Colombie, a demandé la mise en place « urgente » d’un canal pour coordonner l’assistance internationale.
Une gestion sélective de l’aide internationale
Dans la soirée du mardi 11 août, le président du Salvador, Nayib Bukele, a lui annoncé que 51 tonnes d’aide humanitaire étaient en route pour la Colombie. Le lendemain, l’administration du président des États-Unis, Donald Trump, communiquait elle sur l’envoi d’aide et de secouristes.
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Le gouvernement du président colombien d’extrême droite, Abelardo de la Espriella, a lui annoncé avoir formalisé des demandes de soutien auprès des équipes de recherche et de sauvetage des États-Unis, du Salvador, de l’Équateur et d’Israël, autant de pays dirigés par la droite ou l’extrême droite. « Nous n’accepterons que le soutien de ces pays qui peuvent nous garantir des groupes de recherche et de sauvetage reconnus par le système international », a précisé le responsable des opérations de sauvetage, David Tamayo.
Dans le même temps, des secouristes en provenance du Mexique, pays dirigé par un gouvernement de gauche, n’ont, pour leur part, pas été autorisés à entrer en Colombie. « La brigade est certifiée, mais ils [le gouvernement colombien] ont demandé une autre certification », s’est étonnée la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum avant de poursuivre : « La brigade a effectué des opérations de secours dans 98 pays. Donc maintenant, c’est au gouvernement colombien de voir s’il en a besoin et s’il approuve l’envoi de la brigade de secouristes ».
Polémique en Colombie
Alors que le temps passe et que les chances de retrouver des survivants s’amenuisent d’heure en heure, la presse colombienne s’interroge : le gouvernement refuse-t-il l’aide internationale pour des raisons idéologiques ?
« Nous n’avons refusé les propositions d’aide d’aucun pays », a répondu le ministre des affaires étrangères Omar Bula à ce propos. « Nous travaillons avec tous les pays sans aucune considération idéologique ou politique, et nous acceptons l’aide avec reconnaissance », a-t-il ajouté. Le ministre en veut pour preuve les 58 tonnes d’aide humanitaire en provenance du Mexique que le gouvernement a acceptées.
Reste que malgré ce démenti, la polémique continue d’enfler. La sénatrice de l’opposition Esmeralda Hernandez a ainsi accusé Omar Bula d’avoir « refusé des propositions d’aide humanitaire en provenance du Brésil, de la Chine et du Mexique pour des raisons politiques » et exigé qu’il vienne rendre des comptes devant le Parlement.
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