Avec notre envoyée spéciale à Cucuta, Marine de la Moissonnière
Dans la cuisine de son restaurant, Ana, 43 ans, s’efforce de recréer les saveurs de son enfance au Venezuela. Cela fait plus de huit ans qu’elle vit à Cucuta. Elle n’est jamais retournée dans son pays qui est à quelques kilomètres à peine. Elle en est partie après une fausse couche particulièrement traumatisante. Impossible alors de se procurer les médicaments nécessaires.
« J’ai toujours eu peur de voir à quoi ressemble le Venezuela d’aujourd’hui. Les magasins fermés, les rues vides, les infrastructures en mauvais état. J’ai peur de me confronter à cette réalité », raconte-t-elle.
« J’ai construit ma vie ici »
Ana n’a toutefois pas coupé les liens avec sa famille et ses amis. Elle leur téléphone tous les jours. « On ne parle jamais de politique parce que ça a fini par me rendre malade. J’ai donc décidé de me détacher de la situation du Venezuela. Ce n’est pas que ça ne m’inquiète pas, mais c’est pour ma santé ».
La chute de Nicolas Maduro a fait renaître l’espoir en elle, mais pour autant, pas question de rentrer. « J’ai construit ma vie ici. Ca m’a demandé des années de travail et de sacrifices. Ca a été dur, confesse-t-elle en pleurant. Les gens ici ont été très gentils. Mais évidemment le Venezuela me manque : la culture et surtout la nourriture ».
Ana envisage désormais de retourner au Venezuela, mais seulement pour des vacances.
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