
Pour les 8 ans de son fils, Bei Feng, chauffeur de VTC à Fuzhou, dans le Fujian, lui a offert une Xiao Tian Cai (« petit génie »), modèle Z9 : une montre bleu métallisé, carrossée comme un robot Transformers, valant 250 euros. Sa principale fonction est de servir de GPS : elle permet de localiser son porteur avec précision. Le parent peut aussi activer un micro à distance et recevoir une alerte sur son téléphone si la montre quitte un périmètre prédéfini. Un mouchard parental, en somme. « Mais mon fils s’en sert surtout pour prendre des photos et nous les envoyer », précise Bei Feng. Ces montres intelligentes pour enfants font partie de la panoplie des écoliers chinois ; on les voit pianoter dessus dès la sortie de l’école ou entre deux séances de soutien scolaire, le week-end.
« Dans la classe de mon fils, sur les 50 élèves, ils sont au moins une vingtaine à en porter une, assure Bei Feng. Le matin, leur maître rassemble les montres dans une caisse, puis il les rend le soir. Sans cette montre, je ne laisserais pas mon enfant se promener seul dans notre lotissement. » Ces dispositifs de surveillance servent à rassurer les parents ayant grandi à une époque où les enlèvements d’enfants étaient très répandus, à partir des années 1980 et jusqu’à l’abrogation de la politique de l’enfant unique, en 2016. Les rapts se faisaient au profit de couples stériles ou cherchant désespérément à avoir un garçon.
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