vendredi, février 6
Le président argentin, Javier Milei, à Davos (Suisse), le 21 janvier 2026.

La présidence argentine a inauguré, jeudi 5 février, un « bureau de réponse officielle » afin, selon le président, Javier Milei, de « démasquer les mensonges et manœuvres des médias » sur l’action gouvernementale, suscitant l’inquiétude de la profession.

Dans son premier message sur X, cet organe explique avoir été créé « pour démentir activement le mensonge, pointer des contre-vérités concrètes, et mettre en évidence les manœuvres des médias et de la caste politique ». « Se contenter “d’informer” ne suffit pas si la désinformation progresse sans réponse », ajoute le message. « Au-delà d’informer, il faut démentir clairement et sans détour. »

Le président ultralibéral Javier Milei a retweeté l’annonce inaugurale sur son propre compte X, y ajoutant un commentaire : « Pour démasquer les mensonges et manœuvres des médias ». Ni le compte de ce « bureau » ni aucun commentaire officiel accompagnant son lancement ne précisent comment fonctionnera ou qui administrera le compte, distinct du compte officiel de la présidence argentine.

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« Risque de stigmatisation »

L’initiative s’inscrit dans le sillage des relations conflictuelles de Javier Milei avec la presse, qu’il a régulièrement dénigrée, voire insultée, s’en prenant nommément à des journalistes, durant sa première année et demie de mandat, avant un relatif bémol depuis mi-2025.

Le quotidien Clarin (conservateur), cible régulière de Milei, a les honneurs de la première flèche du « bureau de réponse officielle », le journal se voyant accusé de « manœuvre grossière » en lien avec un article sur des « retards » supposés dans le programme gouvernemental d’aide sociale et à l’emploi.

L’influente association des médias argentins Adepa a exprimé dans un communiqué son « inquiétude » au sujet de ce compte, qui « part du présupposé que quelqu’un ment ». Elle rappelle qu’en démocratie « l’Etat est une source d’information de plus, non pas l’arbitre de la vérité publique ». Ce type d’organisme étatique « court le risque de se transformer en mécanisme de surveillance, de stigmatisation ou de mise au pas indirecte du journalisme et des opinions critiques », souligne l’Adepa.

L’initiative n’est pas sans évoquer le site Media Bias lancé fin 2025 aux Etats-Unis, et qui se présente comme un outil de « recensement des informations fausses et trompeuses des médias, signalées par la Maison Blanche », dont l’occupant, Donald Trump, est un proche allié de Javier Milei.

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Le Monde avec AFP

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