samedi, janvier 31

  • Ségolène Royal, présidente de l’Association France Algérie, était à Alger ces derniers jours.
  • Elle dit notamment avoir obtenu le transfert du journaliste de Christophe Gleizes de sa prison de Tizi-Ouzou à Alger.
  • La visite de l’ex-ministre a été saluée, notamment sur place, où en pleine crise diplomatique avec la France, ses « propos rassembleurs » ont été appréciés.

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Le journaliste Christophe Gleizes condamné en appel à 7 ans de prison en Algérie

Mais que fait Ségolène Royal en Algérie ? L’ex-candidate socialiste à l’élection présidentielle est depuis plusieurs mois la présidente de l’Association France Algérie (AFA) et était ces derniers jours à Alger. Elle a notamment été reçue par le président Abdelmadjid Tebboune, alors que la crise s’éternise entre la France et l’Algérie et que les canaux officiels semblent ne plus fonctionner. L’ex-ministre, qui s’est posée en médiatrice entre les deux pays, a même dit avoir « obtenu » le transfert près d’Alger du journaliste français emprisonné Christophe Gleizes, condamné à 7 ans de prison pour « apologie du terrorisme », à qui elle a pu rendre visite. 

Le transfert depuis Tizi-Ouzou, à 100 km à l’est de la capitale algérienne, où il était détenu depuis juin « va le rapprocher (de sa famille) et faciliter les visites », a déclaré Ségolène Royal, en remerciant les autorités algériennes pour ce « geste humanitaire ». À part ses parents et le cardinal franco-algérien d’Alger, Jean-Paul Vesco, Christophe Gleizes – qui fêtera ses 37 ans samedi – n’a reçu « aucune autre visite », a rappelé l’ancienne ministre qui dit avoir également « appuyé » la demande de grâce de sa famille auprès du président Abdelmadjid Tebboune. 

Tebboune prêt au dialogue « dès lors que le respect et la considération sont au rendez-vous »

Depuis Alger, Ségolène Royal a assuré que le président algérien était prêt au dialogue « dès lors que le respect et la considération sont au rendez-vous ». L’ex-ministre a plaidé pour une « reconstruction de l’amitié entre la France et l’Algérie »

Elle a expliqué à l’AFP être venue en tant que présidente de l’Association France Algérie et à l’invitation de la Chambre de commerce et d’industrie algérienne, « pas du tout » en mission officieuse pour le président français Emmanuel Macron. Elle avait indiqué un peu plus tôt avoir informé le chef de l’État de son initiative et qu’elle comptait, à son retour en France, l’« aider en lui donnant les éléments dont (elle) dispose ». Elle a notamment déclaré que le « premier geste » d’apaisement qu’il « doit faire » est la restitution des biens culturels spoliés pendant la colonisation française (1830-1962). Une loi a été adoptée en ce sens dans la semaine au Sénat. 

Une visite saluée

La visite de Ségolène Royal en Algérie a été plutôt saluée. « Son approche sur les questions mémorielles est courageuse », a réagi l’historien Benjamin Stora, qui dans un rapport remis à l’Élysée avait fait des préconisations allant dans le même sens. « La question est de savoir quel interlocuteur elle pourra trouver dans la société politique française actuelle – à deux mois des municipales et à un an de la présidentielle – pour avancer concrètement », dit-il. 

Le ton de l’ex-ambassadrice des pôles lui a aussi valu les louanges de plusieurs médias algériens. « C’est la première fois qu’une personnalité française de ce rang (tient) de tels propos rassembleurs dans un contexte de montée en puissance de l’extrême droite en France », s’est notamment félicité TSA Algérie.

Les relations restent acrimonieuses entre Paris et Alger et les coopérations de sécurité et économique sont au plus bas. La crise diplomatique entre les deux pays a éclaté après la reconnaissance, à l’été 2024 par Paris, d’un plan d’autonomie « sous souveraineté marocaine » pour le Sahara occidental. L’Algérie soutient de son côté le mouvement indépendantiste Polisario.

Depuis, une série d’épisodes sont venus entretenir les tensions. Parmi eux, la détention et la condamnation en Algérie de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal, finalement libéré, celle de Christophe Gleizes, ou encore l’incarcération en France d’un agent consulaire algérien accusé d’être impliqué dans l’enlèvement d’un influenceur.

J.F. avec AFP

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