
Cent vingt-neuf journalistes et employés de presse ont été tués en 2025, selon un rapport publié, mercredi 25 février, par le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), qui impute la responsabilité à l’Etat d’Israël dans les deux tiers des cas. Avec 124 morts en 2024, 2025 constitue la deuxième année consécutive la plus meurtière, depuis 30 ans que le CPJ tient ce décompte.
« L’armée israélienne a désormais commis davantage d’assassinats ciblés de membres de la presse que n’importe quelle autre armée gouvernementale à ce jour », précise l’ONG américaine, qui affirme que plus de « 60 % des 86 membres de la presse tués par des tirs israéliens, en 2025, étaient des Palestiniens qui couvraient l’actualité à Gaza ».
Outre la guerre à Gaza, où 86 journalistes ont été tués, les deux autres zones les plus meurtrières pour la presse ont été le Soudan, avec neuf morts, et l’Ukraine, où quatre journalistes ont perdu la vie, pointe le CPJ.
Parmi les constats les plus marquants de l’année : « la hausse du recours aux drones », avec 39 cas documentés, contre seulement deux en 2023 – année où le CPJ a commencé à relever ce type de meurtres –, relève Carlos Martinez de la Serna, chef de projet au sein de l’organisation.
« Il faut faire bien davantage pour empêcher ces assassinats »
Outre les conflits armés, la criminalité organisée a également été particulièrement meurtrière pour les employés de presse. Au Mexique, six journalistes ont été tués en 2025. Plusieurs autres cas ont été recensés en Inde et au Pérou.
En Arabie saoudite, le chroniqueur de renom Turki al-Jasser a été exécuté par la monarchie, en juin, après avoir été condamné pour plusieurs chefs d’accusation, que le CPJ a qualifiés « d’allégations fallacieuses », utilisées pour punir des journalistes. Il s’agit du premier meurtre documenté d’un journaliste dans l’Etat du Golfe depuis la mort, en 2018, de Jamal Khashoggi.
« Des journalistes sont tués en nombre record à un moment où l’accès à l’information est plus important que jamais, alerte Jodie Ginsberg, directrice générale du CPJ, créée en 1981 à New York, afin de défendre la liberté de la presse dans le monde. Les attaques contre les médias sont un indicateur majeur d’atteintes à d’autres libertés, et il faut faire bien davantage pour empêcher ces assassinats et punir leurs auteurs. Nous sommes tous en danger lorsque des journalistes sont tués pour avoir couvert l’actualité », ajoute-t-elle.
Toujours dans son rapport, le CPJ précise que « très peu d’enquêtes transparentes ont été menées sur les cas d’assassinats ciblés documentés (…) en 2025 », et que « personne n’a été tenu responsable dans aucun de ces cas ».




