- En droit français, le contrat à durée indéterminée est la forme normative du contrat de travail.
- Souvent reconnu comme le contrat le plus stable, il ne représente plus un idéal chez certains jeunes.
- Une étude du Céreq dévoile qu’entre 2020 et 2023, près d’un quart des jeunes titulaires d’un CDI, ont quitté leur emploi trois ans seulement après leur entrée sur le marché du travail.
Et si le contrat à durée indéterminée ne faisait plus rêver ? Même lorsqu’il est obtenu en début de carrière, certains jeunes préfèrent le bouder, voire le fuir. Selon une nouvelle étude (nouvelle fenêtre) du Centre d’études et de recherches sur les qualifications (Céreq) parue ce mardi 10 mars, près d’un quart des jeunes titulaires d’un CDI, trois ans après leur entrée sur le marché du travail, ont quitté l’emploi salarié stable, entre 2020 et 2023, soit sept points de plus que pour la génération précédente.
Une tendance qui semble se généraliser puisque « cette hausse inédite touche presque tous les secteurs d’activité »
, indique le Céreq dans un communiqué qui précise que le secteur le plus touché est celui des activités financières, d’assurance et immobilières, où la probabilité de quitter l’emploi stable entre la 3e et la 6e année de vie active a été multipliée par quatre entre les deux générations.
Des augmentations importantes ont aussi été observées dans le commerce, les arts et spectacles et l’hébergement-restauration. «
Le CDI n’est plus toujours perçu comme une finalité en soi.
Non pas parce que la stabilité qu’il procure serait devenue indésirable, mais parce que ce modèle contractuel ne répond plus, à lui seul, aux aspirations contemporaines »,
analyse Timothée Meaupin, chargé de mission RH à la CCI Hauts-de-Seine sur le site de la Chambre de commerce et d’industrie Paris – Île-de-France (nouvelle fenêtre).
Des ruptures qui illustrent des inégalités
Si de plus en plus de jeunes quittent leur CDI en début de carrière, tous ne le font pas pour les mêmes raisons. En moyenne, 67% des ruptures de CDI recensées ont été initiées par le jeune lui-même. L’étude du Céreq pointe par ailleurs « des réalités très contrastées » et fait le distingo entre les ruptures « choisies » et « subies ». « Pour certains talents, le CDI peut évoquer une forme de rigidité organisationnelle, une dépendance hiérarchique forte ou une trajectoire professionnelle trop prévisible »
, explique Timothée Meaupin sur le site de la CCI Paris-Île-de-France.
Dans certains cas, la démission est une mobilité choisie pour un meilleur emploi ou un changement de secteur. Une étude publiée par l’APEC (nouvelle fenêtre) montre ainsi que près de sept jeunes cadres sur dix considèrent le sens du travail comme un critère déterminant dans le choix d’un employeur, ce qui illustre aussi une volonté de trouver un emploi qui a du sens.
Dans des secteurs comme l’information-communication, l’architecture-ingénierie ou les activités financières, les ruptures de CDI servent en majorité pour trouver un emploi dans des secteurs réputés stables. « Plus de 70% des jeunes qui y ont rompu leur CDI en 2020 occupaient à nouveau un CDI ou un poste de fonctionnaire en 2023″,
note le Céreq.
Le centre d’étude l’interprète alors comme un tremplin. Mais dans d’autres cas, ces ruptures illustrent un décrochage subi, notamment à cause de la crise sanitaire. Elles sont alors plus susceptibles d’entraîner des sorties de l’emploi salarié stable, voire du marché du travail.




