POLITIQUE – Un président peut-il vraiment faire ça ? Emmanuel Macron a reçu Nicolas Sarkozy vendredi 17 octobre, quatre jours avant son incarcération à la prison de la Santé pour sa condamnation dans l’affaire du financement occulte de sa campagne de 2007, rapportent plusieurs médias ce lundi, dont Le Figaro et Libération. La rencontre a ensuite été confirmée par l’Élysée.
« Cela a bien été le cas », a fait savoir le Palais présidentiel ce 20 octobre. La teneur de l’échange n’a pas été précisée mais selon Le Figaro, la notion de l’exécution provisoire des peines et des mandats de dépôt ont été évoqués lors de ce rendez-vous qui a duré « plus d’une heure ».
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Au-delà de la reconnaissance de sa culpabilité – qu’il conteste en appel -, ce sont ces deux points qui avaient particulièrement outré Nicolas Sarkozy. L’ancien chef d’État s’est montré virulent envers la justice française, fustigeant un « procès politique » et des juges motivés par « la haine ». En marge de sa condamnation, les magistrats impliqués dans le procès ont été la cible de nombreuses menaces de morts.
Emmanuel Macron a publiquement condamné ces attaques. Mais cela ne l’a pas empêché de se fendre de plusieurs attentions à l’égard de l’ancien chef d’État. Après s’être opposé (en vain) au retrait de sa légion d’honneur après sa condamnation dans l’affaire des écoutes, il lui a téléphoné après la décision dans l’affaire libyenne. Avant de le recevoir finalement à l’Élysée.
« Macron déshonore sa fonction »
Sans surprise, ce privilège a été dénoncé par plusieurs responsables politiques classés à gauche. « À l’Élysée, la porte reste fermée à un Premier ministre de gauche, mais grande ouverte aux délinquants en col blanc », a raillé l’eurodéputée écologiste Mélissa Camara, en référence aux choix d’Emmanuel Macron pour Matignon depuis les législatives anticipées. « Emmanuel Macron déshonore sa fonction et manque à sa mission de gardien des institutions et des principes qui les régissent », estime pour sa part le député Génération.s Benjamin Lucas, quand François Ruffin fustige la perte de « toute décence ». Et Nathalie Arthaud de cingler : « L’Élysée, ça gère les affaires de la grande bourgeoisie. Ça sert aussi de parloir pour délinquants notoires ! »
Nicolas Sarkozy sera placé ce 21 octobre à l’isolement à la prison de la Santé, dans une des quinze cellules de 9 m². Une fois incarcéré, il pourra formuler immédiatement une demande de mise en liberté que la cour d’appel aura deux mois pour examiner.
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