mardi, mars 24

  • Lors de son discours annuel devant les ambassadeurs français, le président français a ciblé directement Donald Trump.
  • Selon lui, Washington « se détourne progressivement » de certains alliés et « s’affranchit des règles internationales ».
  • Le week-end passé, les États-Unis ont capturé et exfiltré le dirigeant vénézuélien Nicolas Maduro, produisant une onde de choc internationale.

Suivez la couverture complète

Venezuela : Nicolas Maduro capturé par les États-Unis

Après avoir été vivement critiqué pour ne pas avoir condamné la capture du Vénézuélien Nicolas Maduro (nouvelle fenêtre) par les États-Unis, Emmanuel Macron avait finalement critiqué la « méthode utilisée » (nouvelle fenêtre), lundi 5 décembre. Ce jeudi, il a encore monté le ton : le président français a fustigé « le nouveau colonialisme et le nouvel impérialisme » dans les relations internationales, visant notamment la politique étrangère de Donald Trump. Washington « se détourne progressivement » de certains alliés et « s’affranchit des règles internationales », a-t-il cinglé dans son discours annuel devant les ambassadeurs français. 

« Nous refusons le nouveau colonialisme et le nouvel impérialisme », mais « nous refusons aussi la vassalisation et le défaitisme », a-t-il lancé dans la salle des fêtes de l’Elysée. « Nous évoluons dans un monde de grandes puissances avec une vraie tentation de se partager le monde », a-t-il ajouté. Une référence notamment au coup de force mené par Washington pour capturer le président vénézuélien Nicolas Maduro (nouvelle fenêtre) dans la nuit du vendredi 2 au samedi 3 janvier, et aux revendications répétées du président américain visant le Groenland (nouvelle fenêtre).

Une « agressivité néocoloniale » de plus en plus présente

S’il a critiqué à la fois la Chine et son « agressivité commerciale de plus en plus désinhibée », et la Russie « puissance de déstabilisation » en Ukraine, ce sont ses commentaires sur les États-Unis qui ont été les plus marquants. Il a critiqué une puissance qui « se détourne progressivement de certains de ses alliés et s’affranchit des règles internationales (nouvelle fenêtre) qu’elle promouvait encore récemment », évoquant aussi une « agressivité néocoloniale » de plus en plus présente.

Il y a un an, le chef de l’État avait déjà pourfendu une « internationale réactionnaire » soutenue par le milliardaire Elon Musk, mais avait défendu la nécessité pour la France et l’Europe de « savoir coopérer » avec Donald Trump. Cette année, il est allé plus loin dans la critique de la diplomatie trumpiste, sans néanmoins plaider la rupture avec la première puissance mondiale. 

Il a toutefois exhorté ses diplomates à ne pas se contenter d’être « les commentateurs » de ce que « font tous les autres », « les spectateurs de ce qui se détricote ». « C’est l’inverse ! On n’est pas là pour commenter, on est là pour agir ! », a-t-il martelé. « Ce que nous avons réussi à faire pour la France et en Europe est allé dans le bon sens » en termes « d’autonomie stratégique » accrue face aux États-Unis et à la Chine, en matière commerciale comme de sécurité (nouvelle fenêtre), a-t-il seulement souligné. 

Il a aussi exhorté à « défendre » et « consolider » la régulation européenne du secteur de la tech qui est la cible des États-Unis, après les sanctions américaines visant l’ex-ministre français Thierry Breton qui en a été l’architecte à la Commission européenne. Le président a plus généralement défendu, en réponse à ce « monde qui se dérègle », ce qu’il appelle un « multilatéralisme efficace ». Et il a plaidé pour que les grandes puissances du G7, un cénacle présidé cette année par la France, s’unissent avec les grands pays émergents pour réformer la gouvernance mondiale et l’ONU.

M.L. avec AFP

Share.
Exit mobile version