- Le président de la République a affirmé s’être entretenu ce dimanche avec son homologue iranien, Massoud Pezeshkian.
- Il a notamment évoqué la situation des deux ressortissants assignés à l’ambassade de France à Téhéran et exigé leur retour en France.
- Le chef de l’État a également estimé qu’il était « inadmissible que notre pays soit ciblé » par l’Iran.
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Cécile Kohler et Jacques Paris, détenus en Iran depuis mai 2022, libérés de prison
Emmanuel Macron adresse un message clair à Téhéran. Le président de la République a affirmé avoir déclaré à son homologue iranien, Massoud Pezeshkian, au cours d’un appel ce dimanche 15 mars, qu’il était « inadmissible »
que la France soit « ciblée »
dans la guerre au Moyen-Orient.
Il a également réclamé le retour « au plus vite »
de Cécile Kohler et Jacques Paris, assignés à l’ambassade de France à Téhéran après plus de trois ans de détention. Emmanuel Macron a ainsi « exhorté le président iranien à permettre au plus vite à Cécile Kohler et Jacques Paris de rentrer en France en sécurité »
, estimant que « leur calvaire n’a que trop duré »
. « Leur place est parmi les leurs »
, a-t-il ajouté. Après plus de trois ans de détention, Cécile Kohler et Jacques Paris ont été condamnés en octobre à 20 et 17 ans de prison pour espionnage, puis libérés début novembre avec l’interdiction de quitter le territoire iranien. Hébergés à l’ambassade de France à Téhéran, ils sont en attente d’un potentiel échange avec une Iranienne, Mahdieh Esfandiari, condamnée à un an de prison ferme fin février en France. Après les premières frappes israélo-américaines en Iran, une source diplomatique française avait donné des nouvelles rassurantes des deux Français : « Ils sont en sécurité. »
Je viens de m’entretenir avec le Président iranien Massoud Pezeshkian. Je l’ai appelé à mettre fin immédiatement aux attaques inacceptables que l’Iran mène contre les pays de la région, qu’elles soient directes ou via des proxies, comme au Liban et en Irak.… — Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) March 15, 2026
Le deuxième échange en une semaine
« Je lui ai rappelé que la France intervient dans un cadre strictement défensif de protection de ses intérêts, de ses partenaires régionaux et en faveur de la liberté de navigation, et qu’il est inadmissible que notre pays soit ciblé »
, a-t-il écrit sur X. Vendredi, Emmanuel Macron a annoncé la mort de l’adjudant-chef Arnaud Frion, du 7ᵉ bataillon de chasseurs alpins (BCA) de Varces, tué dans une attaque de drone sur la base kurde de Mala Qara, dans la région d’Erbil, au Kurdistan irakien. Il s’agit du premier militaire français tué dans ce conflit.
Sans revendiquer directement la frappe, un groupe armé pro-iranien en Irak nommé Ashab al-Kahf a annoncé qu’il prendrait dorénavant pour cible les intérêts français dans la région, après le déploiement du porte-avions français Charles-de-Gaulle en Méditerranée orientale. Tout en dénonçant déjà une attaque « inacceptable »
, le président français avait alors dit préférer rester « prudent »
dans l’attente d’une « analyse consolidée des faits »
.
Le chef de l’État a en revanche appelé le président iranien, avec qui il a échangé pour la deuxième fois en une semaine, « à mettre fin immédiatement aux attaques inacceptables que l’Iran mène contre les pays de la région, qu’elles soient directes ou via des proxies (des alliés, ndlr), comme au Liban et en Irak »
.
« Rétablir la liberté de navigation » dans le détroit d’Ormuz
« La liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz doit être rétablie au plus vite »
, a par ailleurs indiqué Emmanuel Macron. Cette voie maritime stratégique est entravée par la guerre lancée par les États-Unis et Israël contre l’Iran, ce qui provoque une flambée des prix du pétrole. Donald Trump, citant « la Chine, la France, le Japon, la Corée du Sud et le Royaume-Uni »
, a exhorté samedi d’autres pays à envoyer des navires de guerre pour sécuriser le détroit d’Ormuz.
Londres a dit dimanche discuter avec ses alliés « d’un éventail d’options »
afin de sécuriser le transport maritime, mais jugé que l’heure est surtout à une « désescalade »
. Emmanuel Macron avait déjà évoqué le 9 mars une mission « purement défensive »
, soulignant qu’elle était destinée pour rouvrir le détroit d’Ormuz et escorter les navires « après la sortie de la phase la plus chaude du conflit »
. Ce dimanche soir, le président américain met en garde ses alliés : l’Otan risque de faire face à un avenir « très mauvais »
s’ils n’aident pas les États-Unis à libérer le détroit d’Ormuz, prévient-il dans une interview au Financial Times.




