dimanche, janvier 18

En France, condamnations unanimes des hommes et femmes politiques après les menaces de surtaxes douanières proférées par Donald Trump

« Une vision dérangeante de l’ordre du monde », « un chantage pas tolérable »… L’ensemble de la classe politique française a condamné dimanche les menaces de Donald Trump d’imposer de nouveaux droits de douane aux pays s’opposant à une annexion du Groenland par les Etats-Unis.

« On ne peut pas laisser faire. Cette vision de l’ordre mondial des Etats-Unis est plus que dérangeante », a réagi la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet au Grand Jury de RTL, M6, Public Sénat et Le Figaro. La députée Renaissance a estimé que la France ne pouvait « pas tolérer que les échanges internationaux (…) soient régis par la volonté d’un seul homme ».

Irrité par le déploiement de troupes européennes au Groenland dans le cadre de manœuvres danoises, le président américain a menacé samedi d’imposer de nouveaux droits de douane aux pays concernés jusqu’à ce qu’« un accord soit conclu pour la vente complète et intégrale du Groenland » aux Etats-Unis.

Emmanuel Macron a répliqué dimanche en faisant savoir, via son entourage, qu’il demanderait « l’activation de l’instrument anticoercition » de l’UE si les menaces étaient mises à exécution. Cet outil permet, entre autres, le gel de l’accès aux marchés publics européens ou le blocage de certains investissements.

« C’est un outil qui est parfaitement adapté à la situation actuelle et il faut évidemment ne pas hésiter à le brandir, voire à l’utiliser si cela s’avérait nécessaire », a affirmé Yaël Braun-Pivet à ce sujet.

La veille, le président du Rassemblement national Jordan Bardella avait de son côté appelé l’Union européenne à « suspendre » l’accord sur les tarifs douaniers conclu fin juillet avec les Etats-Unis. « Le chantage commercial n’est pas tolérable », a-t-il écrit sur X.

« Il faut constituer une coalition internationale, un front international du refus des agressions américaines, de l’impérialisme américain », a pour sa part réagi dimanche Manuel Bompard, coordinateur de La France insoumise (LFI), sur BFM-TV, appelant à nouveau à « sortir l’Otan » et à « cibler les secteurs stratégiques des Etats-Unis » dans la riposte douanière des Européens.

Le patron du parti présidentiel Renaissance, Gabriel Attal, avait lui constaté « un cas d’école de coercition américaine », espérant aussi l’activation de l’instrument anticoercition de l’UE pour une riposte incluant « l’exclusion des entreprises américaines des marchés publics européens ».

Chez Les Républicains, le président de la région Hauts-de-France Xavier Bertrand a lui demandé de la « réciprocité ». Si Donald Trump veut augmenter les droits de douane, « on fait la même chose » car « il n’y a que ce langage-là qu’il comprend », a-t-il lancé sur France 3.

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