POLITIQUE – Comme une ombre au tableau. La Cour des comptes, qui a rendu un rapport accablant sur la gestion financière du Louvre ce jeudi 6 novembre, se montre tout aussi sévère à l’encontre des grands projets de réaménagements voulus par Emmanuel Macron pour le musée parisien. En cause : des coûts complètement sous-estimés par l’Élysée, selon l’institution de Pierre Moscovici, qui estime que l’urgence est ailleurs.
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Janvier 2025, Emmanuel Macron se rend au chevet du Louvre après des alertes de sa directrice Laurence des Cars sur sa vétusté. L’Élysée s’empare immédiatement du dossier : le lieu est cher au cœur du président de la République qui y a célébré son élection en 2017 et y voit la possibilité de laisser son empreinte.
Emmanuel Macron annonce alors le très ambitieux plan « Nouvelle Renaissance du Louvre », avec, comme chantiers principaux, une nouvelle entrée d’ici 2031 et la création de nouvelles salles d’exposition sous la cour carrée du Louvre, dont une pour accueillir La Joconde. Coût total, selon son entourage : environ 700 à 800 millions d’euros sur une dizaine d’années.
Faux, réplique la Cour des comptes 10 mois plus tard. « Le projet est désormais évalué à 1,15 milliard d’euros », dont 481 millions sur les dix prochaines années pour les premières phases du chantier, « ce qui constitue une fourchette basse au regard des besoins de remise à niveau du musée », fustige-t-elle dans un rapport.
Priorités présidentielles à revoir
À elle seule, la création de la nouvelle entrée et des nouveaux espaces « d’abord estimée à 450 millions d’euros » a été réévaluée « à 667 millions en juin 2025 », pointe-t-elle, estimant que le chantier est par ailleurs « porteur de nombreux risques de dérapages de coûts compte tenu de sa complexité ».
D’une façon générale, la Cour des comptes estime que le projet dans son ensemble a été engagé « sans étude préalable, qu’il s’agisse d’études de faisabilité technique et architecturale, de définition des besoins fonctionnels, d’évaluation financière ou encore d’impact sur les flux de visiteurs ». « De même, aucune évaluation des coûts de fonctionnement induits par l’ouverture de ces nouveaux espaces, ainsi que des besoins en ressources humaines supplémentaires pour les faire vivre, n’a été menée en amont », fustigent les auteurs du rapport.
Au moment des annonces, l’entourage d’Emmanuel Macron avait souligné que seule une « part très minoritaire » sera financée par l’État. Mais alors que les finances françaises sont dans le rouge, et que leur rétablissement est devenu une priorité pour le gouvernement, cet argument ne convainc pas la Cour des comptes. « Les ressources de mécénat, qui ont pris une place croissante dans le financement de l’établissement, n’en constituent pas moins une dépense fiscale qui pèse également in fine sur le budget de l’État », rappelle-t-elle, au vu des défiscalisations octroyées à ceux qui investissent dans le patrimoine.
Conclusion : merci de revoir vos priorités. De l’avis de la Cour des comptes, celles-ci doivent porter sur des « investissements en faveur de la mise aux normes des installations techniques du musée (notamment de sûreté et de sécurité) et de la rénovation du clos et couvert ». Les achats d’œuvre doivent également être « réduits », « ainsi que les projets de rénovation muséographique ». Le Palais appréciera.
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