Un mois avant sa convocation à Paris, Elon Musk est de nouveau dans le viseur de la justice française: le parquet de la capitale a signalé aux autorités américaines une possible « valorisation artificielle » des sociétés X et X IA par l’homme le plus riche du monde.
« La polémique suscitée par les deepfakes à caractère sexuel générés par Grok (IA de X) pourrait avoir été générée à dessein, afin de valoriser artificiellement les sociétés X et X AI », en vue de « l’introduction en Bourse prévue en juin 2026 de la nouvelle entité née de la fusion entre Space X et X AI, et alors que la société X était en perte manifeste de vitesse », a expliqué le parquet à l’AFP samedi.
Ce dernier a alors émis, le 17 mars, une « transmission spontanée d’informations » au ministère américain de la Justice, « via le bureau d’entraide pénale internationale du ministère de la Justice français ».
Cette transmission a aussi été adressée « à l’intention des avocats français de la Securities and Exchange Commission (SEC), qui est l’organisme fédéral américain de réglementation et de contrôle des marchés financiers », détaille le ministère public.
Contacté, l’avocat de X en France n’était pas joignable dans l’immédiat.
Cette transmission a été réalisée alors que le parquet de Paris enquête sur le réseau social X et a notamment convoqué Elon Musk le 20 avril pour une audition libre.
C’est dans le cadre de cette enquête que les magistrats parisiens pensent avoir repéré de possibles autres agissements répréhensibles de la part d’Elon Musk, et ont voulu « attirer l’attention de la SEC sur des renseignements apparus (…) et accessibles en source ouverte », selon le ministère public.
– Grok célébrée –
D’après Le Monde, qui a révélé ce signalement, le parquet fait notamment référence à « plusieurs messages d’Elon Musk, postés en pleine polémique et que les magistrats interprètent comme autant d’incitations à générer des images non consensuelles ».
Dans ces messages, « Elon Musk se réjouit, avec force émojis, des capacités de +déshabillage+ de son moteur d’intelligence artificielle, allant jusqu’à relayer sa propre image, dans laquelle son chatbot lui fait arborer un bikini », souligne Le Monde. « En parallèle, Elon Musk a publié une vingtaine de messages célébrant la présence de l’application Grok au sommet des classements des applications les plus téléchargées dans divers pays ».
Le réseau social X est visé depuis début 2025 par une enquête préliminaire du parquet de Paris.
Les investigations portent sur des soupçons de biais d’algorithmes, de complicité de détention d’images de mineurs présentant un caractère pédopornographique, de complicité de diffusion, offre ou mise à disposition en bande organisée d’image de mineurs présentant un caractère pédopornographique, de deepfake à caractère sexuel, ou encore de négationnisme.
Elles ont mené à une perquisition des locaux français de X début février. Le réseau X avait alors dénoncé un « acte judiciaire abusif » reposant « sur des motivations politiques », affirmant qu’il ne se laisserait « pas intimider ».
Pourtant, la justice française semblait ouverte à l’échange avec Elon Musk, âgé de 54 ans: il a été convoqué pour un interrogatoire sous la forme d’une audition libre plutôt qu’une garde à vue. Linda Yaccarino, ancienne directrice générale de X, est également convoquée à la même date.
Ces auditions libres « des dirigeants doivent leur permettre d’exposer leur position sur les faits et le cas échéant les mesures de mise en conformité envisagées », avait souligné en février la procureure de Paris, Laure Beccuau. Des salariés de X sont également convoqués du 20 au 24 avril « pour être entendus en qualité de témoin ».
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