lundi, janvier 26

L’engagement jusqu’au bout des ongles. Une prothésiste ongulaire (ou « nail artist ») américaine a décidé de s’opposer aux dérives de la police de l’immigration américaine (ICE) en peignant des scènes engagées sur des ongles, au lendemain de la mort du manifestant Alex Pretti, abattu samedi à Minneapolis (Minnesota) en marge des opérations anti-immigration.

L’Américaine de 36 ans a reproduit à la main l’arrestation du petit garçon de 5 ans, interpellé par l’ICE à la sortie de son école maternelle et envoyé dans un centre de rétention pour migrants mardi 20 janvier, ou encore la glissade d’un agent de l’ICE sur du verglas, devenue virale mi-janvier sur les réseaux sociaux chez les détracteurs de cette police fédérale.

À l’aide de ses pinceaux, elle a aussi représenté l’influenceur d’extrême droite Jack Lang malmené par une main aux longs ongles roses au niveau du visage lors d’une manifestation pro-ICE à Minneapolis le samedi 17 janvier.

Des réalisations devenues virales en ligne

« J’ai vu la vidéo de la glissade de cet agent de l’ICE et j’ai tout de suite perçu son potentiel comique », raconte Heather Buzzel à BFM, qui a trouvé « drôle » de recréer la séquence sur des ongles, « un peu comme une BD », afin de tourner en dérision cette police de l’immigration et dénoncer son déferlement de violence.

En seulement quelques heures, le travail de cette prothésiste ongulaire installée à Scranton (Pennsylvanie) a été massivement partagé sur les réseaux sociaux, avec plus de 1.3 millions de vues sur Facebook et Instagram. « Je m’attendais à ce que mon initiative plaise aux gens, mais je ne me doutais pas que ça irait si loin », se réjouit l’artiste, satisfaite que son travail serve à véhiculer « un message si puissant ».

« Je n’ai pas toujours les mots, et c’est pour ça que j’ai recours à l’art », écrit l’Américaine sur son compte Instagram, profondément meurtrie par le déferlement de violence qui secoue les États-Unis, mais fière de pouvoir faire « un doigt d’honneur » aux méthodes de la police fédérale, dont les effectifs ont été considérablement renforcés depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche.

« Je n’avais pas réalisé que mon travail pouvait avoir une telle portée », ajoute la prothésiste ongulaire, qui refuse à ce stade de commercialiser ses ongles anti-ICE. « J’ai reçu quelques demandes mais je ne veux pas gagner de l’argent et tirer profit de la situation dramatique qui a lieu en ce moment ».

« Nous détestons ce qui se passe dans notre pays »

L’Américaine de 36 ans explique avoir ressenti le besoin de s’engager politiquement dans son art au vu des récents événements. « Je ne pouvais pas rester les bras croisés: l’ambiance est devenue tellement tendue que j’avais du mal à faire mon travail, à poster sur les réseaux comme ci de rien n’était alors que toute cette ‘merde’ avait lieu ».

« Nous sommes nombreux à détester ce qui se passe dans notre pays », dénonce cette femme. « Ils tuent des citoyens américains sans antécédents judiciaires… Les Américains sont en danger. C’est tellement fou, tellement effrayant de vivre sous l’administration Trump en ce moment. J’ai des amis à Minneapolis et ils me disent que là-bas c’est une atmosphère de guerre actuellement ».

Minneapolis est secouée depuis plusieurs semaines par un mouvement de protestation contre la présence de l’ICE dans cette ville du Minnesota. Alex Pretti, un infirmier américain de 37 ans employé en service de réanimation dans un hôpital pour anciens combattants, a été tué samedi lors d’une manifestation contre des opérations de la police de l’immigration (ICE). Deux semaines plus tôt, une autre Américaine du nom de Renee Good avait été tuée par balle par un agent de l’ICE. Le président américain a imputé ces deux morts aux élus démocrates de la ville et de l’Etat, qui s’opposent à son action.

Article original publié sur BFMTV.com

Share.
Exit mobile version