samedi, janvier 17

  • Monter dans un vaisseau spatial, ressentir l’impesanteur, observer la planète Terre avec le recul d’un extraterrestre… Sophie Adenot en rêve depuis son plus jeune âge.
  • Dans quelques semaines, la Française s’envolera pour une mission de neuf mois à bord de la Station spatiale internationale (ISS).
  • En attendant son départ, TF1info vous en dit plus sur la mission qui l’attend au sein du laboratoire orbital.

Le départ de Sophie Adenot, initialement prévu à partir du 15 février, pourrait intervenir plus tôt que prévu – peut-être même dès le 8 février. L’astronaute tricolore, qui marche dans les pas de Thomas Pesquet, et surtout de Claudie Haigneré, première Française à s’envoler dans l’espace, s’est sortie des impitoyables sélections de l’Agence spatiale européenne (ESA), parmi plus de 20.000 candidats. Pour cette première mission hors des frontières terrestres, cette lieutenant-colonel de l’armée de l’Air, qui a fait carrière comme ingénieure et pilote d’hélicoptère d’essai, a suivi un entraînement intensif qui aura duré deux ans et neuf mois (nouvelle fenêtre). En attendant son départ, TF1info vous en dit plus sur la mission qui l’attend au sein du laboratoire orbital. 

Pourquoi la mission s’appelle-t-elle « Epsilon » ?

Epsilon (ou « εpsilon »), le nom de la mission, reflète la puissance des petites contributions qui, collectivement, rendent possibles de grandes réalisations, explique le site internet (nouvelle fenêtre) de l’Agence spatiale européenne (ESA). En mathématiques, cela désigne une petite quantité, à l’image du rôle subtil mais essentiel d’un astronaute à l’échelle de toute l’aventure spatiale. Le colibri, élément central de l’écusson, représente aussi cette idée : bien qu’étant l’un des plus petits oiseaux de la Terre, il joue un rôle crucial dans l’écosystème de la jungle en pollinisant de nombreuses plantes. En haut, trois points colorés bleu, blanc, rouge symbolisent le drapeau français et les destinations d’exploration de l’ESA : la Terre, la Lune et Mars.

Un séjour en orbite de huit mois (avec un mois en bonus)

Mariée et mère d’un jeune enfant, Sophie Adenot devrait passer au total neuf mois au sein du laboratoire orbital – soit un mois de plus que prévu initialement. Les missions à bord de la Station spatiale durent entre six et huit mois habituellement. En raison du retour anticipé de l’équipage de la mission Crew-11, à cause d’une urgence médicale (nouvelle fenêtre), une première dans l’histoire de l’ISS, la Française a obtenu une petite rallonge. Expériences scientifiques, activités de maintenance en plomberie et en électricité, opérations de robotique pour amarrer un vaisseau cargo, et peut-être même une sortie à l’extérieur du laboratoire orbital, devraient rythmer le quotidien de la Bourguignonne de 43 ans. 

La deuxième femme de nationalité française

Cinquante ans après Valentina Terechkova, la première femme cosmonaute et la seule à avoir effectué un voyage en solitaire dans l’espace, Sophie Adenot s’apprête à devenir la deuxième astronaute française de l’Histoire à s’envoler dans l’espace, après Claudie Haigneré en 1996. Sophie Adenot avait 14 ans à l’époque. Elle a expliqué avoir vécu cet événement comme « un réel déclic ». Elle entend d’ailleurs profiter de cette mission pour encourager toutes les petites filles souhaitant devenir astronautes à poursuivre leur rêve. « Les femmes représentent 50% de la population, il n’y a pas de raison que l’on ne soit pas astronaute », a-t-elle déclaré. « Les choses ont beaucoup changé en trente ans. »

Une tonne d’expériences scientifiques

Durant la mission εpsilon, Sophie Adenot mènera à bord de l’ISS de nombreuses expériences scientifiques, technologiques et éducatives. Certaines viseront justement à recueillir des données physiologiques et à faire des tests cognitifs. De la fonte musculaire due à la microgravité à l’exposition aux rayonnements, en passant par l’impact psychologique du confinement, les voyages spatiaux mettent à rude épreuve la santé des heureux élus. D’autres expériences viseront à analyser les bio-contaminations à bord de la station. Sophie Adenot devra tester un appareil pour réaliser des échographies en autonomie et sans expertise médicale. « Il s’agit d’apprendre à gérer un système d’échographie avec de la réalité augmentée », a-t-elle expliqué à l’AFP. 

À défaut de chirurgie, impossible dans l’espace, les échographes sont utilisés dans la station spatiale à des fins de diagnostics. Mais pour les missions astrales lointaines, l’enjeu est de s’en servir pour traiter la rétention d’urine, évacuer un calcul biliaire ou le pus d’un abcès autour d’une appendicite. Cette expérience aura aussi des retombées sur Terre. « Plus tard, quand cette technologie va être validée et testée sur Terre, elle va permettre à des opérateurs (…) de directement faire l’échographie et de trouver l’organe grâce à l’intelligence artificielle. » Un tel progrès « aura un impact direct dans les futurs déserts médicaux« , veut-elle croire. Une dernière expérience, à visée éducative, consistera à faire germer des plantes en même temps que quelque 260.000 élèves français dans leurs salles de classe.

Des plats concoctés par Anne-Sophie Pic

L’essentiel des menus dans l’espace consiste en des repas en conserve ou lyophilisés dans des emballages en plastique que les astronautes peuvent sélectionner à partir d’une liste prédéfinie d’options fournie par les institutions. « La nourriture de tous les jours est très fonctionnelle, elle répond à des besoins scientifiques de calculs caloriques et de proportions : protéines, glucides, lipides », a expliqué à l’AFP Sophie Adenot, précisant que la question des saveurs n’est pas « une priorité » dans l’alimentation quotidienne à bord de la station spatiale. Pour ajouter de la variété, des plats « bonus » sont préparés pour des membres d’équipage spécifiques, représentant environ un dixième de leur menu. 

Cette nourriture supplémentaire est personnalisée en fonction de leurs goûts et généralement élaborée en partenariat avec un chef cuisinier. Les plats – quatre entrées, deux hors-d’œuvre et deux desserts – du menu concocté par la cheffe triplement étoilée Anne-Sophie Pic sont désormais emballés dans des poches souples stérilisées, pour garantir leur conservation longue durée. Figurent par exemple au menu une « bisque de homard, tourteau et carvi », un « velouté de panais au curry et haddock », une « volaille au poivre de Voatsiperifery, à la fève tonka et polenta crémeuse au comté » et une « crème chocolat à la fleur de Cazette et café ».

Matthieu DELACHARLERY

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