
Tandis qu’Hollywood ne cesse de se reconfigurer, le cinéma de James L. Brooks, en quarante ans, n’a jamais changé : il tente de remonter le temps, à la recherche d’un classicisme perdu. Une quête qui, disons-le, n’intéresse plus grand monde en dehors d’un petit cénacle de cinéphiles et de fervents admirateurs du cinéaste. Initialement fixée au 7 janvier, la sortie dans les salles françaises de son nouveau long-métrage, Ella McCay, a été annulée à la suite de son échec cuisant aux Etats-Unis, obligeant ces mêmes cinéphiles à le voir sur la plateforme Disney+, où il a atterri le 5 février.
D’abord, ils seront émus d’y retrouver intactes les coordonnées du cinéma de Brooks. Il est très rare, ce sentiment de sentir que rien, dans l’univers d’un cinéaste, n’a bougé. A commencer par cette manière unique d’écrire un personnage féminin. Voici Ella McKay (Emma Mackey), jeune femme pétulante jetée à travers la vie et les malheurs, se dépatouillant comme elle peut avec un excès d’intelligence et de sensibilité.
Dans une tentative d’épuisement de son personnage, le film avance et recule. Il retrace les grands moments de sa vie à coups de flash-back, tout en la suivant au présent, à une période de grandes turbulences : le jour où son mentor, le gouverneur d’un Etat jamais nommé, rejoint le gouvernement fédéral, Ella est propulsée gouverneure pour les quatorze derniers mois de son mandat.
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