
L’AVIS DU « MONDE » – À VOIR
Quelque peu oubliée du grand public de ce côté des Alpes, l’Italienne Eleonora Duse (1858-1924) était considérée, à la fin du XIXe siècle, comme l’une des plus grandes comédiennes de théâtre de son temps. La rivale d’une Sarah Bernhardt (1844-1923). Il est dès lors amusant de comparer le portrait que Guillaume Nicloux fit de cette dernière dans Sarah Bernhardt, la divine (2024) à celui que Pietro Marcello livre avec Eleonora Duse.
Dans les deux films, on retrouve ce même désir d’exploser le carcan du biopic pour saisir des personnalités hors norme et complexes sous différentes facettes, de mêler le théâtre à la vie et à la politique, d’assumer un goût du romanesque afin de toucher à une vérité plus intime. Mais si Sandrine Kiberlain incarnait une femme libre et savoureuse d’une folle modernité, Valeria Bruni Tedeschi prête ici ses traits à une figure bien plus tragiquement humaine.
Avec Eleonora Duse, Pietro Marcello excelle dans l’art du contrepoint, entourant son héroïne de toute une galerie de personnages miroirs/repoussoirs. Le cinéaste italien arrive à tisser ensemble des motifs en apparence distincts pour créer une toile dense (presque trop par endroits) et vivante. Il tourne en grande partie caméra à l’épaule, au plus près des visages, pour insuffler un peu de nervosité à sa mise en scène et casser les codes traditionnels du film en costume. Il va de même chercher aux côtés d’airs classiques une musique synthétique qui contrevient aux attendus du genre.
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