mercredi, janvier 7

  • Le gouvernement a annoncé la baisse d’une partie de l’abonnement à l’électricité au 1ᵉʳ février.
  • Elle devrait être en moyenne de dix euros par an, en fonction de sa consommation d’électricité.
  • Mais d’autres éléments venant gonfler la facture, à la fin, celle-ci devrait être stable en février.

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Notre planète

Pour tenir sa promesse de baisser les factures d’électricité sans dépendre des débats parlementaires, le gouvernement a trouvé la solution. Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a annoncé ce week-end la baisse d’une partie du tarif abonnement : il s’agit de la « contribution tarifaire d’acheminement », appelée CTA. « Le prix de l’abonnement va baisser en moyenne de 5%, c’est 540 millions d’euros de pouvoir d’achat rendu aux Français« , a commenté Bercy, qui loue une mesure « créative et unique » dans des temps budgétaires contraints.

Concrètement, la baisse sur les factures devrait être, en moyenne, de 1%. Dans le détail, tout dépend de la configuration du foyer et du type d’habitation. Ainsi, toujours selon Bercy, la baisse sera de 9 euros par an pour un appartement avec deux personnes ; et de 11 ou 12 euros pour une maison habitée par quatre personnes. Un gain relatif. Roland Lescure reconnaît d’ailleurs que la baisse de la CTA  « n’est pas une révolution de la tarification énergétique » car « il n’y a pas de formule magique« .

Cette baisse s’applique aussi aux collectivités et aux professionnels : pour un boulanger qui utilise un four électrique, par exemple, la baisse devrait être de 200 euros par an.

Concrétiser une baisse sans avoir besoin de l’aval des parlementaires

« Cette baisse n’a pas d’impact sur les finances publiques« , assure Bercy. Car le produit de la CTA vise à financer le régime de retraites des agents EDF et Engie. Or, celui-ci était excédentaire : la baisse de la CTA sur l’électricité a d’ailleurs été calculée de façon à pouvoir parallèlement maintenir ce régime de retraite à l’équilibre, précise le ministère de l’Économie.

Ce choix gouvernemental permet donc de ne pas plomber les finances publiques mais surtout de contourner les débats parlementaires, alors que le projet de loi de finances évoquait des modifications possibles de la fiscalité sur l’électricité, pour la rapprocher de celle du gaz, plus avantageuse, ou que des partis, tels que le RN, demandent la baisse de la TVA de 20 à 5,5% sur l’électricité. 

La baisse de la CTA relève en effet du réglementaire, et non du législatif. Elle sera effective au 1ᵉʳ février, après une période de consultations obligatoires de différentes instances, notamment de la Commission de régulation de l’énergie (CRE).

On anticipe une stabilité ou une micro-baisse

Une source gouvernementale

Mais à cette date, les factures ne devraient toutefois pas baisser. « On anticipe une stabilité ou une micro-baisse« , confirme ainsi une source gouvernementale.

Pourquoi ? Car d’autres effets s’appliquent sur les factures : les fournisseurs d’énergie vont en partie répercuter la hausse de leurs obligations liées aux certificats d’économie d’énergie (CEE), l’évolution de l’inflation sur le tarif réseau, la baisse du bloc approvisionnement en raison de la baisse des prix de marché (qui aurait été plus importante encore sans la fin du tarif régulé via le dispositif de l’ARENH au 31 décembre). 

« Sans cette baisse de la CTA, les factures auraient sans doute légèrement augmenté, la baisse de la CTA vient donc les stabiliser« , analyse un expert du secteur énergétique. 

La CRE a d’ailleurs confirmé envisager une stabilité des factures pour les abonnés aux tarifs réglementés et assimilés en février, date habituelle de révision de ces tarifs. Le gouvernement doit par ailleurs annoncer un plan pour électrifier les usages en France, en même temps que sa programmation pluri-annuelle de l’énergie, attendue de longue date mais désormais probablement reportée à la fin des débats parlementaires.

Marianne ENAULT

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