mercredi, février 4

  • Les élections municipales auront lieu les 15 et 22 mars prochain.
  • À Marseille, la gauche unie autour de Benoît Payan espère conserver le fauteuil de maire convoité par le Rassemblement national, alors que la droite et les insoumis sont en embuscade.
  • Candidats, nombre d’électeurs, enjeux : voici ce qu’il faut savoir sur le scrutin marseillais.

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Élections Municipales 2026

Les 15 et 22 mars prochains, environ 535.000 électeurs sont appelés aux urnes pour élire le nouveau maire de Marseille. « Non élu » en 2020, Benoît Payan brigue un nouveau mandat pour continuer à transformer la ville. « Marseille a retrouvé sa voix et sa place. Oui, Marseille est de retour. Mais je le dis avec lucidité et humilité : il reste encore de grandes choses à accomplir », a écrit l’édile de 47 ans dans une lettre aux Marseillais. Il défend le vaste plan de rénovation « Marseille en Grand » pour remettre la ville à niveau et renforcer la sécurité, tandis que l’opposition en critique les retards. Zoom sur cette bataille électorale pour la métropole de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Les principaux candidats

Benoît Payan : le maire sortant tentera de se faire cette fois-ci élire sur son nom. Personne n’a oublié les conditions particulières de sa prise de fonction en décembre 2020, six mois à peine après l’élection de l’écologiste Michèle Rubirola. Affaiblie par des problèmes de santé, celle-ci a alors cédé sa place à son premier adjoint socialiste, désormais classé divers gauche, qui mise sur son bilan pour convaincre les électeurs six ans plus tard sur sa liste du « Printemps marseillais ».

Franck Allisio : le député RN des Bouches-du-Rhône est l’un des jeunes visages de son parti. Soutenu par Marine Le Pen, venue en personne le soutenir, il espère profiter des résultats des dernières législatives, où l’extrême droite a glané trois des sept circonscriptions marseillaises.

Martine Vassal : la présidente de la métropole Aix-Marseille-Provence et du département des Bouches-du-Rhône est l’une des figures de la droite locale. Ex-LR et désormais divers droite, elle veut incarner l’union de la droite et du centre en ayant obtenu les soutiens des partis Les Républicains, Renaissance, Horizons et Union des démocrates et indépendants (UDI).

Sébastien Delogu : l’Insoumis, député des quartiers Nord et chauffeur de taxi de profession, se présente comme le candidat anti-système. Il n’est pas inclus dans l’union de la gauche autour de Benoît Payan et fait pour l’instant campagne contre le maire sortant.

Erwan Davoux : l’ancien chargé de mission à l’Élysée sous Sarkozy, également passé par la DGSE et le département des Bouches-du-Rhône, dirige la liste « Marseille pour tous » avec la conseillère départementale Nora Preziosi, ancienne collaboratrice de Martine Vassal. Une liste transpartisane avec des personnes venues de la société civile.

Victor-Hugo Espinosa : le militant écologiste, adjoint à la mairie des XVe et XVIe arrondissements de Marseille, est candidat derrière une liste « Marseille écologie », malgré le soutien du parti Les Écologistes à Benoît Payan.

Le mode de scrutin

Une nouvelle loi prévoit pour ces élections l’organisation de deux scrutins : l’un pour élire les conseillers de Marseille, l’autre pour élire les conseillers d’arrondissement. Les 15 et 22 mars, les électeurs voteront donc deux fois : une fois pour une liste de candidats au conseil municipal, une fois pour une liste de candidats au conseil d’arrondissement. Ce sont les conseillers municipaux qui éliront ensuite le maire lors de la première séance du conseil municipal de Marseille.

Les élections municipales sont organisées selon un mode de scrutin de liste, paritaire, proportionnel avec prime majoritaire. Pour l’élection des conseillers de Marseille, si une liste obtient la majorité absolue au premier tour, il lui est attribué un nombre de sièges égal à la moitié des sièges à pourvoir. Les autres sièges sont répartis à la représentation proportionnelle à la plus forte moyenne entre toutes les listes ayant obtenu plus de 5% des suffrages exprimés.

En cas de second tour, seules peuvent se présenter les listes ayant obtenu 10% des suffrages exprimés. Ces listes peuvent être modifiées dans leur composition pour inclure des candidats ayant figuré au premier tour sur d’autres listes, à condition que la liste de ces candidats ait obtenu, au premier tour, au moins 5% des suffrages exprimés. La répartition des sièges se fait ensuite comme lors du premier tour, avec attribution de la moitié des sièges à la liste arrivée en tête.

En revanche, pour les conseillers d’arrondissement, la prime majoritaire appliquée est la même que pour le scrutin municipal des communes hors Paris, Lyon, Marseille, c’est-à-dire une prime de 50%.

Les enjeux

Outre la réforme du mode de scrutin, la principale question en suspens est : la ville restera-t-elle à gauche ? Le duel s’annonce particulièrement serré entre le maire sortant Benoît Payan et le candidat RN Franck Allisio. Une victoire du Rassemblement national à Marseille serait un séisme politique et un tremplin pour le parti de Marine Le Pen à un an de l’échéance présidentielle.

Benoît Payan mise sur son bilan et se targue d’avoir, avec l’aide de l’État, rénové des écoles, réhabilité des logements, réduit la dette, embauché des policiers municipaux alors que la cité phocéenne fait souvent les gros titres sur fond de règlement de comptes dans le narcotrafic. Le militant écologiste et anti-narcotrafic , Amine Kessaci, dont les deux frères ont été assassinés, a par ailleurs rejoint la liste du maire sortant. 

La thématique de l’insécurité est reprise par les autres candidats. Et en premier lieu Franck Allisio, qui fait campagne sur « l’ordre » et « la sécurité ». Le député RN de 45 ans a réclamé l’« état d’urgence à Marseille » pour « combattre le narcoterrorisme ». Anti-immigration, il a également mis en garde sur TF1 face aux risques de fraude électorale, dénonçant « une fraude aux fausses procurations en 2020 »

Franck Allisio revendique aussi d’être une alternative à droite à la politique de Benoît Payan. Une main tendue vers Martine Vassal, dont le report des voix au second tour pourrait s’avérer décisif. La patronne de la métropole se voit elle reprocher l’ambiguïté autour d’une alliance après le premier tour, sur laquelle elle a toujours refusé de répondre. Un potentiel report des voix à gauche pourrait en outre changer la donne, alors qu’une possible quadrangulaire pleine d’incertitude se dessine à Marseille.

Victor GAUTIER

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