mardi, février 17

Avec notre correspondant à Libreville, Yves-Laurent Goma

Passionnés d’histoire, ils ont écouté presque religieusement le professeur camerounais, Pierre Oum Ndigi, retracer l’immense œuvre de Cheikh Anta Diop.

« L’histoire de Cheikh Anta Diop concerne d’abord la réhabilitation de l’histoire africaine, assure-t-il. Il a recouru au carbone 14 [technique qui consiste à dater les objets et restes organiques anciens en mesurant la quantité de Carbone 14 encore présente pour estimer leur âge, NDLR] et il a utilisé cette technique pour pouvoir dater les sites archéologiques. Sur le plan de la gouvernance, il prônait un État africain fédéral et le bicaméralisme [système politique avec deux chambres, généralement une Assemblée nationale et un Sénat, NDLR]. C’était un humaniste ».

Égyptologue, Oum Ndingi a éclairé l’assistance sur les liens et les similitudes, découverts par l’historien sénégalais, entre plusieurs langues subsahariennes et celle d’Égypte. « Il a analysé la peau des momies pour montrer que la civilisation de l’ancienne Égypte était une civilisation négro-africaine », souligne Pierre Oum Ndigi.

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« L’Afrique doit pouvoir s’approprier son histoire »

La conférence a été un véritable cours magistral sur l’histoire africaine, à en croire ces participants. « En fait, c’est un peu une remise en cause de l’histoire qui nous a été enseignés, parce qu’on est aculturé, on ne connait pas sa propose histoire », estime l’une d’entre eux. « Ce que j’ai appris là, c’est que l’Afrique doit pouvoir s’approprier son histoire et pouvoir la rendre au monde », ajoute un autre.

L’historien camerounais a enfin souligné que la polémique actuelle sur l’œuvre de Cheikh Anta Diop, 40 ans après sa mort, rend immortel cet éminent savant.

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