Les audiences vont durer neuf semaines et devraient saturer l’espace médiatique britannique. Le procès du prince Harry contre le Daily Mail, le tabloïd les plus vendu du Royaume-Uni, s’ouvre ce lundi 19 janvier à Londres, devant la Haute Cour de justice britannique. Le fils du roi Charles III et d’autres plaignants très médiatiques, comme le chanteur Elton John ou l’actrice Liz Hurley, accusent l’éditeur du journal, Associated Newspapers, d’avoir eu recours à des méthodes illégales pour collecter des informations entre 1993 et 2011.
Concrètement, les plaignants affirment qu’“en plus d’intercepter des messages vocaux, le Daily Mail et le Mail on Sunday [son édition dominicale] auraient également mis sur écoute des lignes fixes, payé des policiers corrompus, obtenu frauduleusement des dossiers médicaux et même placé des micros dans les domiciles de célébrités”, énumère The Guardian. Des détectives privés auraient aussi été recrutés par les journaux pour obtenir certaines informations.
Associated Newspapers a de son côté qualifié ces accusations de “grotesques” et d’“affront aux journalistes qui travaillent dur et dont la réputation et l’intégrité sont injustement mises en cause”, rapporte le quotidien britannique.
La troisième bataille de Harry contre des groupes de presse
Alors que peut-on attendre de ce procès ? Pour le Guardian, “le Daily Mail se retrouve confronté à la perspective peu réjouissante de voir trente ans de ses pratiques journalistiques examinés par les tribunaux”, ce qui “pourrait avoir des répercussions profondes sur les médias britanniques”.
Mais selon la BBC, le premier enjeu pour les plaignants sera de démontrer que “leur vie privée a été violée par des journalistes travaillant pour Associated Newspapers”. Mais l’un des premiers obstacles pourrait être le délai de prescription. Il est de six ans pour les atteintes à la vie privée, à compter de la date des faits mais certaines accusations remontent à plusieurs décennies. Pour contourner cette règle, les plaignants devront prouver “qu’ils n’avaient pas connaissance de l’existence d’un recours juridique potentiel jusqu’à récemment”.
[…] Lire la suite sur Courrier international




