Le bilan de cent jours d’épidémie d’Ebola en RDC n’est pas favorable pour le moment. Le virus progresse plus vite que la réponse sanitaire. L’épidémie continue à s’étendre explique Jean Kaseya, directeur général d’Africa CDC, l’agence de santé de l’Union africaine.
« Vous savez, le 15 mai, quand nous avions déclaré cette épidémie, il y avait une seule province et deux zones touchées. À l’heure où nous parlons, nous avons six provinces touchées et près de 55 zones de santé. Donc, ça signifie que l’extension de l’épidémie est un problème.
Et ce qui explique cette progression fulgurante, c’est notamment le fait que la RDC était « habituée » à la souche Zaire du virus, et c’est la souche BoundiBouguio d’Ebola qui sévit aujourd’hui. L’épidémie a donc été constatée tardivement.
Une réponse financière « à la hauteur »
Mais la réponse de la communauté internationale en revanche, notamment sur le plan financier a été à la hauteur affirme le patron de l’Africa CDC. « Nous avons reçu des promesses pour 1 milliard de dollars. Je peux vous dire à l’heure actuelle, sur ce milliard de dollars, à Africa CDC, nous avons inventorié déjà près de 700 millions que les partenaires ont mis sur la table ».
De l’argent qu’il faut ensuite orienter vers les acteurs de terrain, les ONG notamment. Quant à la gestion de ces fonds, Jean Kaseya met le gouvernement de RDC face à ses responsabilités. « Ce n’est pas le boulot d’Africa CDC, c’est le boulot du ministre et de son équipe de faire asseoir tous ces partenaires pour savoir où est-ce qu’ils mettent les ressources. Et comme je le dis toujours, un gouvernement ne se plaint pas, un gouvernement agit ».
Le message est clair, mais naturellement, le gouvernement congolais et l’Africa CDC ne sont pas seuls. Ils sont épaulés dans cette riposte par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Son patron Tedros Adhanom Ghebreyesus affirmait d’ailleurs ce 22 août sur X que tous les acteurs doivent en faire davantage pour éradiquer cette épidémie.
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