La carrière cinématographique de Jerry Schatzberg reste principalement associée à ses films réalisés dans les années 1970 (Portrait d’une enfant déchue, 1970 ; Panique à Needle Park, 1971 ; L’Epouvantail, Palme d’or au Festival de Cannes en 1973). Son parcours de photographe épouse, lui, les années 1960, tout en se prolongeant, comme au cinéma d’ailleurs, bien au-delà de cette période.
L’Américain, aujourd’hui âgé de 98 ans, commence par travailler dans l’entreprise familiale de fourrure, à New York. Plus tard, il devient copropriétaire d’Ondine, un des hauts lieux de la nuit new-yorkaise, situé sur l’Upper East Side, où se produisent les Doors et Jimi Hendrix. L’endroit est fréquenté par Jackie Kennedy, Faye Dunaway ou Sonny and Cher.
Jerry Schatzberg fait de sa proximité avec ces stars l’une des forces de ses portraits. La fameuse pochette du disque Blonde on Blonde, de Bob Dylan, sorti en 1966, ou le visage pensif d’Aretha Franklin s’affichant sur ses grands albums des années 1960 traduisent une intimité avec ses sujets qui dépasse le cadre d’une séance photo ordinaire.
Les Rolling Stones spectateurs
Cette affinité, tout comme le goût pour le contre-pied de Jerry Schatzberg sont manifestes sur deux des clichés visibles dans l’exposition que lui consacre actuellement la galerie Paris Cinéma Club. Sur le premier, ce sont les regards à la fois captivés et amusés de Mick Jagger et de Keith Richards au concert des Beatles au Shea Stadium de New York en 1965 qui ont été saisis. Le photographe a choisi de pointer son objectif sur les Rolling Stones spectateurs plutôt que sur leurs éternels concurrents sur scène.
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