Dans les cercles culturels, le pronostic circule depuis quelques semaines : Catherine Pégard, conseillère culture d’Emmanuel Macron à l’Elysée depuis le mois de septembre, pourrait succéder à Rachida Dati au ministère de la culture, au cas où cette dernière choisirait de se consacrer pleinement à sa campagne parisienne en vue des élections municipales des 15 et 22 mars. Pour l’heure, la prétendante à la Mairie de Paris, dont le domicile et les bureaux ont été perquisitionnés en décembre 2025 dans le cadre d’une information judiciaire pour corruption et trafic d’influence en lien avec l’exercice de son mandat de parlementaire européenne, ne semble pas pressée de faire ses cartons. A Sud Radio qui lui demandait, le 5 novembre, si le cumul ministre et candidate était tenable, Rachida Dati avait répondu sans ciller : « Tout est compatible. »
Interrogée fin décembre sur les rumeurs qui la propulsent Rue de Valois, Catherine Pégard se raidit. « Ce n’est pas le sujet », répond-elle, visage fermé et lèvres pincées, dans son petit bureau spartiate logé au premier étage de l’aile ouest de l’Elysée. A 71 ans, l’ex-journaliste politique passée par le cabinet de Nicolas Sarkozy entre 2007 et 2011, avant de régner douze ans et demi durant sur le château de Versailles, connaît la volatilité des bruits de couloir. Alors qu’elle était déjà pressentie pour le ministère de la culture en 2022, Emmanuel Macron lui avait finalement préféré sa conseillère culture à l’Elysée de l’époque, Rima Abdul Malak.
Elle n’ignore pas davantage que d’autres profils, plus politiques ou plus capés, sont dans les radars. A commencer par l’affable Philippe Bélaval, quarante ans passés au service de la culture à l’Opéra de Paris, à la Bibliothèque nationale de France, aux Archives de France ou au Centre des monuments nationaux. Seul revers à son palmarès : en 2016, il échoue à prendre la tête du château de Versailles, où Catherine rempile pour un deuxième mandat. Conseiller culture d’Emmanuel Macron de 2023 à juin 2025, l’énarque a quitté l’Elysée pour raisons personnelles au printemps, tout en restant chargé de l’épineux dossier du prêt de la tapisserie de Bayeux à la Grande-Bretagne.
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