vendredi, juin 19

  • Iryna Terekh, fondatrice de l’entreprise ukrainienne Fire Point, qui produit des drones et des missiles, était l’invitée de LCI.
  • Elle détaille les coulisses de l’attaque massive qui a visé la capitale russe ce jeudi.
  • Elle assure par ailleurs que l’Ukraine est désormais à « un tout petit pas » de ne plus avoir besoin d’utiliser le guidage GPS de ses drones.

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Ukraine : la guerre entre dans sa 5ᵉ année

Les images sont spectaculaires. Plusieurs dizaines de drones ukrainiens ont ciblé Moscou (nouvelle fenêtre), la capitale de la Russie, dans la nuit du mercredi 17 au jeudi 18 juin. L’une des plus grandes raffineries du pays, la MNPZ, qui assure plus d’un tiers des besoins en carburant de la capitale russe, a notamment été touchée. Pour commenter cette attaque d’envergure, Iryna Terekh, fondatrice de l’entreprise Fire Point, fleuron de l’industrie ukrainienne de l’armement, était l’invitée de LCI.

« C’était une opération combinée de différents départements des forces armées ukrainiennes ; 50% de la réussite dépend des capacités techniques, et 50% de la planification militaire », a-t-elle expliqué. Selon elle, la partie la plus difficile n’était pas de frapper la cible, mais de traverser les défenses adverses : « Grâce à notre travail, on a pu pénétrer plusieurs couches de défense antiaérienne. »

Des drones de 6 mètres et 260 km de portée

Mais quel matériel précis a été utilisé par les forces armées ukrainiennes ? « On a fait usage de drones de frappe en profondeur pilotés à vue jusqu’à 260 km de portée, avec une charge utile de 60 kg », a révélé la trentenaire. Avec une longueur d’environ six mètres, ils sont sensiblement de même taille que les drones de type Shahed (nouvelle fenêtre) fabriqués par l’Iran et utilisés par la Russie. 

Nous sommes à un tout petit pas de ne plus pouvoir utiliser le guidage GPS

Iryna Terekh, fondatrice de Fire Point

Interrogée sur les contre-mesures russes, qui ont récemment réussi à leurrer plusieurs drones ukrainiens (nouvelle fenêtre), la cheffe d’entreprise reconnaît un défi majeur pour l’industrie de son pays. « Nous travaillons dans un environnement très pollué du point de vue des signaux électroniques. Je pense que nous sommes à simplement un tout petit pas de ne plus avoir besoin d’utiliser le guidage GPS ». Seule solution possible selon elle : « s’appuyer de plus en plus sur des systèmes autonomes et des systèmes qui ont de multiples sources de guidage pour compenser »

Reste un enjeu fondamental : l’utilisation de renseignements (nouvelle fenêtre) humains infiltrés en Russie. « Je ne peux pas vraiment vous parler de l’utilisation que nous faisons des renseignements. Mais c’est beaucoup moins que ce que les Russes pensent. La majorité des contrôles sont faits depuis des sites ukrainiens, indépendamment », minimise-t-elle.

Avant de conclure et justifier les attaques de la nuit : « J’étais entre Boutcha et Irpin au début de l’invasion, et j’ai moi-même vu le niveau de cruauté dont ils étaient capables. Nous pouvons les provoquer comme nous le souhaitons, parce qu’ils le méritent pour chaque enfant assassiné, pour chaque civil assassiné en Ukraine. »

Aymen Amiri

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