jeudi, août 20

Donald Trump a récemment multiplié bons mots et décisions pour satisfaire Pyongyang. Le président américain a annoncé mercredi 19 août qu’il rencontrerait pendant l’année le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un, alors que dans le même temps les exercices militaires conjoints lancés lundi par Séoul et Washington ont été écourtés, à sa demande. Ces manoeuvres, qui ont commencé lundi, ont vu leur durée réduite de six jours.

« Oui, je le rencontrerai », a répondu le président américain, interrogé à propos d’une éventuelle entrevue avec Kim Jong-un avant la fin de l’année, alors qu’il faisait visiter des chantiers en cours à la Maison Blanche à quelques journalistes.

Cette rencontre, qui serait la quatrième entre les deux hommes, pourrait selon plusieurs observateurs avoir lieu en novembre en marge du sommet de l’Apec (Coopération économique de l’Asie-Pacifique) en Chine.

Depuis son premier mandat (2017-2021), Donald Trump se targue d’avoir une relation privilégiée avec Kim Jong-un, dont le pays est considéré comme une menace majeure pour la sécurité des États-Unis par le renseignement américain.

Cette relation est revenue sur le devant de la scène quand le président américain a décidé dimanche d’écourter des exercices militaires conjoints avec la Corée du Sud. Il a jugé mercredi que ces manoeuvres étaient « très insultantes pour quelqu’un qui, franchement, en tous cas pendant mon mandat, s’est très bien conduit. »

La Corée du Nord doté de « 57 armes nucléaires »

Kim Yo-jong, soeur influente du leader nord-coréen, a affirmé mercredi qu’elle n’était « pas du tout au courant » d’une quelconque communication entre son frère et Donald Trump.

Tout en soulignant que les relations entre eux restaient « excellentes », elle a ajouté que la décision de Donald Trump concernant ces exercices « ne mérite pas d’être commentée » et qu’elle est « dénuée d’intérêt », selon un communiqué.

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Donald Trump a aussi livré mercredi une estimation officielle inhabituelle et très précise de l’arsenal nucléaire nord-coréen, estimant que le pays était doté de « 57 armes nucléaires ».

« Cela n’aurait jamais dû arriver. (…) Si j’avais été président, je ne l’aurais pas permis », a ajouté le dirigeant républicain.

La Corée du Nord n’est pas reconnue officiellement comme une puissance nucléaire par les États-Unis.

Des exercices militaires écourtés, un geste envers Pyongyang?

L’armée sud-coréenne a précisé que les exercices avec les forces américaines, prévus initialement jusqu’au 27 août, se termineraient dès vendredi. Ces manoeuvres, qui ont commencé lundi, ont vu leur durée réduite de six jours.

Ce changement de posture constitue un revers de taille pour Séoul, allié historique des États-Unis. Un responsable militaire sud-coréen a reconnu auprès de l’Agence France-Presse (AFP) que cette décision était « inhabituelle ».

Dans un communiqué, l’état-major interarmées sud-coréen a annoncé « ajuster la durée de l’exercice UFS » (Ulchi Freedom Shield) à la suite d’une « suggestion de la partie américaine ».

Le ministre des Affaires étrangères sud-coréen Cho Hyun a expliqué devant le Parlement mercredi que Séoul n’avait pas été prévenu au préalable de la décision d’écourter les exercices.

Les États-Unis entretiennent un contingent de 28 500 militaires en Corée du Sud, un de leurs principaux déploiements en Asie. Une partie d’entre eux devait être mobilisée au côté de 18 000 militaires sud-coréens pour ces exercices.

« La suspension des exercices conjoints a toujours été une condition préalable pour que la Corée du Nord s’engage dans un dialogue avec les États-Unis », observe pour l’AFP Park Won-gon, professeur à l’université Ewha. Aussi, cette « réduction pourrait avoir un impact positif » en ce sens, estime-t-il.

Mercredi, l’agence officielle nord-coréenne KCNA a répété que les manoeuvres « posent la menace la plus immédiate et la plus franche » à la Corée du Nord, pays fermé qui est techniquement toujours en guerre avec le Sud.

Avec AFP

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