mardi, janvier 20

Face à Donald Trump et aux « tyrans », Amnesty International appelle l’Europe à résister et à défendre l’ordre mondial d’après-guerre

L’Europe doit cesser de vouloir « apaiser » le président américain, Donald Trump, mais lui résister, ainsi qu’aux autres « tyrans » déterminés à détruire l’ordre fondé sur des règles mises en place après la seconde guerre mondiale, a déclaré la secrétaire générale d’Amnesty International, Agnès Callamard, dans un entretien avec l’Agence France-Presse (AFP) en marge du Forum économique mondial, à Davos. Selon elle, « nous avons besoin de beaucoup plus de résistance » car « la crédibilité de l’Europe est en jeu ».

Mme Callamard exhorte les gouvernements à faire preuve de davantage de « courage » et à savoir « dire non » : « Qu’ils arrêtent de croire qu’on peut négocier avec des tyrans, qu’ils cessent de penser qu’on peut accepter les règles des prédateurs sans devenir soi-même leur victime. Ça doit cesser. »

« Nous traversons une phase de destruction de l’ordre fondé sur des règles », dénonce-t-elle, déplorant qu’il y ait des « superpuissances » mondiales et régionales qui semblent « déterminées à détruire ce qui a été établi » après la seconde guerre mondiale.

Depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, il y a un an, celui-ci a pris « toute une série de décisions qui ont conduit à l’effondrement de nombreuses règles dans le monde », tandis que la Russie détruisait le système en « agressant l’Ukraine », a-t-elle déclaré.

Depuis un an, la politique suivie par les dirigeants européens a été celle de « l’apaisement », selon elle. « Nous avons cherché à apaiser le tyran, le prédateur qui vit à Washington, DC. Où cela nous a-t-il menés ? A toujours plus d’attaques. A toujours plus de menaces », a-t-elle jugé.

Rappelant que le projet européen n’est pas qu’économique mais porte aussi sur des valeurs et le respect de l’Etat de droit, Mme Callamard dit espérer que les dirigeants européens « verront dans les défis actuels un moyen de réaffirmer le projet européen ». « Cela exige de cesser la politique d’apaisement » qui « ne fonctionne tout simplement pas », affirme-t-elle, appelant les Européens à « résister ».

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