
L’échange est extraordinaire. Un an après son retour à la Maison Blanche, Donald Trump fait face à quatre journalistes du New York Times, le 7 janvier, dans le bureau Ovale. Ils demandent au milliardaire s’il voit des limitations à son pouvoir, sur la scène mondiale. « Ouais, il y a une chose : ma propre moralité, mon propre esprit. C’est la seule chose qui peut m’arrêter. Et c’est très bien. Je n’ai pas besoin du droit international. Je ne cherche pas à faire du mal aux gens. » Pas de contre-pouvoirs, de normes, de conventions, d’engagements multilatéraux. Un homme, le plus puissant du monde, seul avec sa conscience.
« Inquiète est la tête qui porte une couronne ! », écrivait William Shakespeare dans Henri IV. « Celui qui sauve son pays ne viole aucune loi », préférait noter le président américain sur X, en février 2025, reprenant une citation attribuée à Napoléon. Dès 2019, au cours de son premier mandat, il disait qu’en vertu de l’article 2 de la Constitution, il avait « le droit de faire tout ce qu’[il] [voulait] ». Ce n’est pas ce que dispose cet article sur le pouvoir exécutif, ni ce que désiraient les Pères fondateurs de la démocratie américaine, en quête d’un système équilibré et profondément distinct de la monarchie britannique.
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