mercredi, janvier 14

  • Depuis un an, le nombre de vols de drones aux abords des prisons explose.
  • Les détenus utilisent ces engins pour se faire livrer des téléphones, mais également des objets qui leur permettent parfois de s’évader.
  • Une équipe de TF1 a pu suivre en exclusivité des policiers en pleine opération anti-drones.

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Le 20H

3h30 du matin, dans une ville moyenne du nord de la France. Une équipe de TF1 suit des policiers lors d’une opération anti-drones lorsque soudain un mouvement les alerte. Un jeune homme passe en trottinette. Il s’agit d’un guetteur, signe qu’un pilote s’apprête à faire décoller un engin en direction de la prison toute proche. Et justement, quelques minutes plus tard, un drone les survole. Mais il est impossible de le distinguer car ses feux sont éteints. Il vient de livrer du matériel à des détenus. 

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Toute cette opération a été minutieusement préparée quelques heures plus tôt, dans la salle de réunion du commissariat. Une quinzaine de policiers sont mobilisés. Des plans, des images satellites et une photo de l’homme recherché sont distribués. Plusieurs groupes partent se poster aux abords de la maison d’arrêt. Il y a quelques semaines, une opération de fouille XXL a permis de saisir des téléphones et de la drogue. Depuis, les détenus cherchent à s’en procurer de nouveau et les survols se multiplient. « Ces vols engendrent de la livraison d’armes, de stupéfiants, d’alimentation et ça engendre de l’insécurité de la part des personnels pénitentiaires, mais également des riverains qui sont situés en périphérie », explique un enquêteur dans le reportage ci-dessus. 

Au terme de plusieurs heures d’attente, un signal alerte qu’un drone vole au-dessus de la prison. « À l’attention de l’équipage à la maison d’arrêt, envol en cours », lance le lieutenant. Le dispositif est déclenché. Les policiers commencent à contrôler les guetteurs, ils sont au moins quatre. « J’ai rien sur moi », assure l’un d’eux. Au même moment, à 2 km de là, le signal du drone marque un endroit à l’opposé du dispositif. Lorsque les policiers arrivent au point GPS indiqué, il est trop tard, le drone a disparu. « Ils préfèrent l’envoyer complètement à l’opposé. C’est ce qui s’est passé, c’est à l’opposé de la maison d’arrêt. Le drone va nous mener à eux, donc il faut mettre le drone ailleurs », indique un policier. Cette fois le pilote n’a pas été interpellé, mais les livraisons sont interrompues.

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En dix jours, ces policiers ont mené deux opérations comme celle-ci. Ils ont saisi dix drones et des filets pour y suspendre des marchandises, 2 kg d’ecstasy, du cannabis : 120.000 euros de marchandises au total. « 500 euros par livraison, c’est quelque chose qui est très lucratif évidemment pour les livreurs et qui bénéficie aux détenus », souligne un policier.

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En un an, les survols de prison ont été multipliés par six et des réseaux sont régulièrement démantelés. Comme le mois dernier à Nantes. Des malfaiteurs livraient une dizaine de prisons de l’ouest de la France. L’Administration pénitentiaire a fait de cette lutte une priorité. « On a eu un budget conséquent qui a pu être débloqué pour détecter la présence des drones. Mais ça prend aussi du temps de les déployer. Techniquement, c’est des dispositifs qui doivent s’adapter aussi à la structure des établissements », détaille Justine Gerbaud, porte-parole de l’Administration pénitentiaire.

Cette année, 76 établissements sur 186 seront équipés de technologies anti-drones.

V. F | Reportage : Marion FIAT et Sacha BOEY

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