
Roumania Elieva répond du tac au tac, comme une évidence : « Personne ne veut de l’euro, ici. » Devant sa minuscule échoppe de chaussons, qu’elle tient depuis trente ans, la commerçante partage l’agacement général qui règne dans ce quartier pauvre de la banlieue de Sofia. Le 1er janvier, la Bulgarie abandonne sa monnaie, le lev, pour adopter l’euro, mais les célébrations seront limitées. « Ici, les salaires sont bas, les factures s’envolent, tout l’argent part dans la nourriture et l’électricité. Alors, les gens ont peur que l’euro ne vienne encore augmenter les prix », poursuit Mme Elieva. Ce matin-là, elle n’a vendu qu’une seule paire de chaussons.
Au « marché coopératif » de Sofia, un nom hérité de l’époque communiste, impossible de trouver une voix favorable au passage à la monnaie unique. Dans ces ruelles remplies de tout petits magasins aux allures de capharnaüm, il est question du coût de la vie qui s’envole, de salaires qui tournent autour de 500 euros par mois, de la concurrence « injuste » du « supermarché chinois » (une improbable grande surface a été ouverte par une famille chinoise, offrant de la marchandise mieux présentée et moins chère)… Dans ces conditions, les Bulgares sont profondément divisés : 51 % se déclarent contre l’euro, 40 % pour.
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