TF1 raconte sans concession le destin tragique de Jean-Luc Delarue

0
48
TF1 retrace la carrière et la descente aux enfers de Jean-Luc Delarue dans un documentaire passionnant. LE FLOCH/SIPA

La première chaîne diffuse un documentaire en trois épisodes sur l’ex-animateur de «Ça se discute». Une enquête fouillée au cours de laquelle de nombreuses personnalités ont accepté de témoigner sans langue de bois.

L’audace de TF1 est extraordinaire, à la mesure de l’immense star que représentait Jean-Luc Delarue. Alors que la première chaîne programme généralement une fiction, un grand divertissement ou un match de l’équipe de France en prime time, elle a choisi de miser ce mercredi 24 août sur un documentaire, à l’occasion du dixième anniversaire du décès de l’animateur. Cette enquête, baptisée «Jean-Luc Delarue, 10 ans déjà: de succès en excès», dresse le portrait de ce prince du petit écran dont les émissions ont enregistré des parts d’audience dignes d’une rencontre de Coupe du monde de football. «Nous avons décidé de proposer ce documentaire en trois épisodes car nous voulions raconter plus en profondeur sa personnalité, qui a souvent été caricaturée», affirme Eve Ewing, la directrice générale de Réservoir Prod, la société qui produit cet hommage, et qui a été fondé en 1994 par le défunt.

Au cours de ces deux heures et demie, les réalisateurs Christophe Janin et Matthieu Valluet dépeignent la vie intense, passionnée et tragique de Jean-Luc Delarue. Ils dessinent d’abord les contours de son enfance au sein d’une famille pilotée par une mère agrégée en anglais et un père prof de civilisation américaine. Puis, les deux journalistes exposent avec minutie son ascension fulgurante, de ses débuts à TV6 à son triomphe sur France Télévisions. Et, au fur et à mesure que les minutes filent, les auteurs de l’enquête dévoilent subtilement, sans sensationnalisme aucun, la façon dont ses travers ont dévoré petit à petit les qualités du chef d’entreprise respectable et du gendre idéal que la France chérissait. Une personnalité complexe, un docteur Jekyll et Mister Hyde, tantôt lucide tantôt sous cocaïne, racontée à l’aide d’images d’archives inédites et de témoignages puissants.

L’émotion de Jean-Pierre Elkabbach et Christophe Dechavanne

Faustine Bollaert, Sophie Davant, Kad Merad, Marc-Olivier Fogiel, Flavie Flament: de nombreuses personnalités télé, qui ont côtoyé de près Jean-Luc Delarue, ont accepté de saluer sa mémoire. Même Jean-Pierre Elkabbach, ancien président de France Télévisions, revient longuement, et parfois avec émotion, sur la relation en dents de scie qu’il a nouée avec celui qu’il considérait comme son petit frère. Il évoque aussi sans détour le contrat mirobolant que l’animateur de «Ça se discute» a signé lorsqu’il a posé ses valises dans les couloirs de France 2, et les critiques qui ont suivi. Christophe Dechavanne, qui a bien connu Jean-Luc Delarue, fait l’éloge du producteur talentueux qu’il était. Il confie également qu’il aurait adoré entretenir un lien d’amitié avec lui aujourd’hui. Et, devant un cliché où les deux animateurs sont côte à côte, la gorge de Christophe Dechavanne se noue et ce dernier ne parvient pas à contenir ses larmes. «S’il y a quelqu’un dont je voudrais être profondément l’ami, et chez moi c’est une valeur énorme, ce serait lui, souffle-t-il péniblement, en essuyant ses yeux. Je ne pensais pas en arriver là. Vous me faites chier», ajoute-t-il, décontenancé par le chagrin qui l’envahit.

« Il avait une relation assez paternaliste »

Eve Ewing, directrice générale de Réservoir Prod.

Au-delà des célébrités qui rythment ces trois épisodes, sa mère Maryse et son père Jean-Claude racontent aussi le rapport qui les liait à leur fils. De nombreux collaborateurs, qui officiaient dans l’ombre de Jean-Luc Delarue, ont à leur tour livré leurs souvenirs devant les caméras. Eve Ewing faisait partie de ses proches collègues. Téléspectatrice assidue de «Ça se discute», elle finit par décrocher un stage à Réservoir Prod puis s’est rapprochée professionnellement du présentateur vedette. «Il avait tendance à dire que nous étions une famille soudée. Il avait une relation assez paternaliste, il n’était pas très à l’écoute de nos difficultés mais il était très attentif aux qualités professionnelles des uns et des autres», affirme-t-elle. Néanmoins, quelques témoins manquent à l’appel, à l’instar de sa veuve, Anissa, et son fils Jean, âgé de 15 ans, fruit de sa relation avec Élisabeth Bost. Ces deux femmes se sont affrontées sur le terrain judiciaire dans le cadre de la succession de Jean-Luc Delarue. Aucune n’a souhaité s’exprimer.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici