Terre de reggae : la sélection musicale du « Monde Afrique » #126

0
20

Chaque mercredi, Le Monde Afrique vous présente trois nouveautés musicales issues ou inspirées du continent. Cette semaine, honneur au reggae, à propos duquel le chanteur ghanéen Stonebwoy déclarait récemment : « Le reggae est enraciné au cœur de l’Afrique, il n’appartient fondamentalement à aucune société caribéenne, il appartient aux Africains et nous en profitons de diverses manières. »

Des propos qui ont fait bondir en Jamaïque, berceau du genre, mais qui témoignent du fait que le continent a su s’approprier cette musique. La preuve par trois avec Tiken Jah Fakoly, Meta & The Cornerstones et Temi Oyedele.

« Où est-ce que tu vas ? », de Tiken Jah Fakoly

Et de onze pour Tiken Jah Fakoly ! Vendredi 4 novembre, le chanteur ivoirien installé à Bamako fera paraître son nouvel album, Braquage de pouvoir. A 54 ans, ce pilier du reggae africain continue de ressasser avec toujours autant d’efficacité les thèmes qui lui tiennent à cœur, brocardant les chefs d’Etat qui s’accrochent au pouvoir ou le transmettent à leur descendance, mettant en garde contre les dangers de l’immigration ou les dérives commises au nom de la religion, se désolant du potentiel inexploité de l’Afrique…

Un message universel – et non dénué d’espoir – auquel se joignent plusieurs invités comme le Jamaïcain Winston McAnuff et les Maliens Amadou & Mariam.

« Two Pockets », de Meta & The Cornerstones

Le reggae a aussi trouvé une terre d’élection au Sénégal, où il s’est notamment mêlé à l’univers des « baye fall », des disciples du mouridisme portant des dreadlocks et, accroché au cou, le portrait d’Ahmadou Bamba, fondateur de cette confrérie soufie.

Même s’il vit aux Etats-Unis, Meta Dia puise dans cette tradition pour insuffler sagesse et spiritualité à sa musique, comme en témoigne le clip de Two Pockets, paru mi-septembre et extrait de l’album Dia qu’il a sorti en septembre 2021 avec son groupe, The Cornerstones. Un opus qui, fidèle aux préceptes rastas, appelle à la paix, l’amour et l’unité face aux maux que sont le racisme, la pauvreté, la guerre ou la pollution.

« I Dupe (Thanks Giving) », de Temi Oyedele & Adrian Sherwood

Enfin, le reggae se conjugue également au féminin dans l’album collectif Dub No Frontiers, paru mi-octobre et initié par le producteur britannique Adrian Sherwood pour montrer que ce genre n’est pas réservé aux hommes. Il a donc envoyé des compositions à dix artistes du monde entier en leur proposant d’interpréter dessus une chanson de leur choix dans leur langue natale.

Parmi les musiciennes qui ont répondu à l’appel, trois Africaines : la Tunisienne Neyssatou, qui reprend en arabe le War de Bob Marley, l’Erythréenne Saba Tewelde, qui scande un hymne à sa patrie, et la Nigériane Temi Oyedele, basée à Lagos, dont le morceau I Dupe (Thanks Giving) est chanté en yoruba.

Lire aussi : Trésors cachés : la sélection musicale du « Monde Afrique » #125

Retrouvez tous les coups de cœur musicaux de la rédaction dans la playlist YouTube du Monde Afrique.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici