Sylvie Patry, du Musée d’Orsay à la galerie Kamel Mennour

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Jusqu’alors directrice de la conservation et des collections au Musée d’Orsay, la conservatrice en chef Sylvie Patry rejoint la galerie Kamel Mennour en qualité de directrice artistique. Selon le communiqué, daté du mercredi 28 septembre, annonçant la nouvelle, « elle contribuera à concevoir de nouveaux projets venant renforcer et étendre le développement culturel, contemporain et éditorial de la galerie ».

Née en 1968, ancienne élève de l’Institut national du patrimoine, cette spécialiste reconnue de l’impressionnisme et du postimpressionnisme a été conservatrice à Orsay de 2005 à 2015, puis directrice adjointe de la Fondation Barnes, à Philadelphie, de 2015 à 2017, avant de revenir à Orsay. Elle a été la commissaire de nombreuses expositions consacrées à Monet, Renoir, Hodler ou au marchand Paul Durand-Ruel et prépare l’événement qui, en 2024, célébrera le 150e anniversaire de la première exposition impressionniste de 1874, à Orsay et à la National Gallery of Art de Washington.

Sylvie Patry, conservatrice et directrice artistique : « Je voulais pouvoir être désormais encore plus en contact avec les artistes. La proposition de Kamel Mennour me le permet »

Aux Etats-Unis ou dans d’autres pays européens, l’information intriguerait moins qu’en France où, jusqu’à récemment, de tels passages du public vers le privé semblaient à peu près impensables. L’exemple de Suzanne Pagé, directrice du Musée d’art moderne de la Ville de Paris devenue en 2006 directrice de la Fondation Louis Vuitton, a longtemps été l’unique exception d’un tel itinéraire. Elle ne l’est plus depuis qu’Emma Lavigne, après avoir dirigé le Centre Pompidou-Metz de 2014 à 2019, puis le Palais de Tokyo, l’a quitté en septembre 2021 pour la direction générale de la collection Pinault.

Et donc depuis la décision de Sylvie Patry. « J’ai conscience qu’elle peut surprendre, concède celle-ci, mais je ne pars pas parce que je serais fâchée, mais pour m’engager dans un projet nouveau. Dans ma pratique, j’ai souvent travaillé avec des artistes vivants – Marlene Dumas ou Sophie Calle à Orsay, Anselm Kiefer ou Mohamed Bourouissa à la Fondation Barnes – et ceci depuis bien longtemps puisque Orsay, au temps où Serge Lemoine en était le président, a été le premier grand musée parisien à s’ouvrir à l’art d’aujourd’hui. Je voulais pouvoir être désormais encore plus en contact avec les artistes. La proposition de Kamel Mennour me le permet. »

« Deux mondes complémentaires »

Celui-ci, dont la galerie, depuis sa création en 1999, est devenue prédominante sur la scène artistique française et l’une des plus présentes internationalement, s’explique d’abord en des termes plus généraux. « L’art, pour moi, c’est un bloc et je refuse de le voir compartimenté en époques, comme en autant de ghettos. Du XIXe au XXIe siècle, il n’y a pas de coupure. » Voici pour la doctrine. Dans les faits, poursuit-il : « J’avais depuis une dizaine d’années de plus en plus le sentiment d’un plafond de verre qu’il me fallait briser : celui qui séparerait le présent du passé. Je me suis convaincu qu’il fallait que j’actualise profondément ma façon de travailler. On comprend mieux les artistes vivants en les envisageant dans la longue durée et les résonances historiques. »

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