« Silo », sur Apple TV+ : Rebecca Ferguson prend le pouvoir sur dix mille survivants sous terre

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APPLE TV+ − À LA DEMANDE − SÉRIE

C’est l’un des plaisirs fondateurs de la science-fiction : l’apprentissage d’un univers en quelques chapitres, quelques séquences, quelques épisodes. On pourrait croire qu’il est facile d’embrasser d’un coup d’œil le monde de Silo. Une structure cylindrique enterrée sur 144 étages, dans laquelle survivent dix mille humains, qui ne voient du monde extérieur que le paysage postapocalyptique projeté sur l’écran des réfectoires.

Lire l’entretien avec Hugh Howey : « Interagir avec les lecteurs m’inspire »

Adaptée d’une trilogie de Hugh Howey (publiée en France chez Actes Sud), la première saison de Silo se plaît à multiplier les mystères de cette fourmilière, microcosme aux règles aussi inébranlables qu’indéchiffrables, qui punit sévèrement la soif de comprendre, celle qui anime les héros de la série, le shérif Holston (David Oyelowo), chargé du maintien de l’ordre, et l’ingénieure Juliette Nichols (Rebecca Ferguson).

Celle-ci s’échine à maintenir en état de marche le générateur qui, dans les entrailles du silo, alimente ses habitants en énergie et en air respirable. La combinaison de la peinture minutieuse de cette société vestigiale, qui a délibérément effacé ses origines, et de la mise en scène des efforts des enquêteurs pour en percer les secrets produit une dynamique empêchant la claustrophobie ambiante d’asphyxier la dramaturgie efficace (et souvent convenue) du récit.

Technologies prohibées

Depuis cent quarante ans, la loi du silo impose donc l’élimination de tout artefact antérieur à une « rébellion » dont les circonstances restent floues. Depuis, les naissances sont contrôlées, certaines technologies (dont les ascenseurs) sont prohibées, alors même que le silo dispose, entre autres, d’un intranet. De temps à autre, un citoyen demande à sortir du silo, s’excluant de lui-même de la communauté. La foule regarde le réprouvé faire ses premiers pas dans le monde postapocalyptique que montre l’écran de la cantine. Au bout de quelques minutes, le mouton noir s’effondre, démontrant qu’il n’y a pas de vie possible en dehors du refuge.

Allison (Rashida Jones) et  Holston (David Oyelowo) dans la série « Silo », créée par Graham Yost.

Au début de la saison, Allison (Rashida Jones), l’épouse du shérif, demande à sortir, déclenchant une épidémie de doutes qui touche bientôt le policier et, indirectement, l’ingénieure Nichols. Sur leur chemin se dressent les représentants des institutions du silo, un technocrate onctueux (Tim Robbins, dont on sait, du moment où il apparaît à l’écran, que l’on aurait bien tort de lui faire confiance) et le représentant du « judiciaire », service chargé d’interpréter et de faire respecter le code pénal et civil rédigé par des législateurs oubliés. Le rappeur Common fait de Sims, le chef du « judiciaire », une figure intrigante, chef de gang et garant de l’orthodoxie.

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