Rock en Seine a fait le plein de public et de sons, après deux années de silence

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En fin d’après-midi, dimanche 28 août, trois des responsables de Rock en Seine, organisé au Domaine national de Saint-Cloud (Hauts-de-Seine), se montraient satisfaits. Après deux années sans festival, en raison des restrictions sanitaires dues à la pandémie de Covid-19, le public a été, du jeudi 25 au dimanche 28 août, massivement au rendez-vous du dernier, chronologiquement, des grands festivals rock de l’été.

Ce sont « 150 000 personnes qui sont venues » sur le site, a fait savoir Matthieu Ducos, directeur du festival. La capacité d’accueil maximale, de « 40 000 personnes, a été atteinte jeudi, samedi et dimanche », laissant au seul vendredi une fréquentation de 30 000 personnes. Un succès dû en partie « à quelques exclusivités » – dont Arctic Monkeys, Tame Impala, Kraftwerk, James Blake… –, a précisé Emmanuel Hoog, directeur général de Combat, le groupe qui rassemble les participations dans les médias et la culture de l’homme d’affaires Matthieu Pigasse (actionnaire à titre individuel du Monde), qui détient, à parts égales avec AEG Presents France – l’une des divisions du géant américain AEG – le festival.

Un Golden Pit pouvant accueillir 3 000 personnes

Arnaud Meersseman, directeur général d’AEG Presents France, a pris les devants pour évoquer « la question qui fâche », une polémique qui a agité les réseaux sociaux. Celle du Goldent Pit, espace réservé devant la grande scène à une petite partie du public ayant payé un supplément sur le prix d’entrée : au lieu de 69 euros pour le prix normal, 89 euros pour y avoir accès ou 99 euros pour bénéficier en plus des commodités du « garden », derrière la même grande scène. Quelques chaises longues, tables, tentes – dont la petite qui sert d’espace de travail à la presse – et des toilettes moins bondées.

L’extension et l’implantation de la surface VIP ont été cette année la cause de quelques messages sur des réseaux sociaux et de protestations du public

La mise en place d’un espace réservé avec supplément de prix avait été inaugurée dès 2018 à Rock en Seine, sans faire alors de remous. Mais c’est son implantation, devant la grande scène, et l’extension de sa surface qui ont été cette année la cause de quelques messages sur des réseaux sociaux et de protestations du public, revenues aux oreilles des organisateurs. Le précédent accès VIP, devenu Golden Pit – auquel la presse n’a pas accès – avait été installé sur un côté de la grande scène, délimité par des barrières métalliques, pour quelques centaines de personnes.

Là, il pouvait accueillir jusqu’à 3 000 personnes, occupant sur une longueur d’environ 25 mètres la moitié du devant de la grande scène, avec une profondeur obligeant les fans qui aiment être dans les premiers rangs à reculer d’environ 15 mètres. Lesquels fans ayant constaté, comme nous, qu’en dehors du grand concert en soirée, où il faisait le plein, le Golden Pit a été le reste du temps nettement moins rempli. M. Meersseman, après avoir rappelé que des espaces réservés identiques, généralement intitulés « carré or », existent depuis des années dans de nombreuses salles, arénas et stades, a fait savoir que l’équipe allait « réfléchir » à la dimension et à l’emplacement de la structure pour la prochaine édition du festival.

L’intensité de Nick Cave et le psychédélisme de Tame Impala

Pour revenir à l’essentiel, la musique, plus de quatre-vingts formations étaient à l’affiche. Si la première journée, jeudi 25 août, a présenté une majorité de groupes rock à guitares (excellentes prestations de Yard Act ou Idles), la pop, la soul, le funk, l’électro ont été par la suite au programme. Parmi les moments qui nous auront semblé les plus marquants le vendredi : l’étrangeté folk de la Néo-Zélandaise Aldous Harding, les envols psyché et krautrock de The Liminanas – avec un hommage visuel au groupe allemand Can –, la fantaisie pop des quatre Londoniennes (venues d’un peu partout) de Los Bitchos, le spectacle de Kraftwerk, l’intensité du concert nocturne de l’Australien Nick Cave.

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Samedi, le claviériste américain Robert Glasper a fait entendre son approche soul et hip-hop nourrie de sa pratique du jazz et de sa science de l’improvisation ; seule au piano ou à la guitare, la chanteuse November Ultra, superbe voix, a fait passer des instants émouvants ; Lewis Ofman, avec trois claviers, dont deux Moog, a proposé une électro voyageuse. Ce samedi se terminait en grande ampleur son et lumière avec le groupe australien Tame Impala, au meilleur quand son passé psyché et pop est mis en jeu. De la journée de dimanche – Stromae en vedette de fin – on retiendra surtout la pop sensible, parfois fragile, de l’Anglaise Holly Humberstone, le groove afro-beat et funky des Napolitains de Nu Genea Live Band, avec percussions, saxophone, puissance vocale de la chanteuse, ainsi que la classe soul et pop de la Londonienne Olivia Dean.

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