« Quand la mer menace les villes », sur France 5 : face à la montée des eaux, l’ingéniosité humaine se démultiplie

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FRANCE 5 – JEUDI 10 NOVEMBRE À 21 H 00 – DOCUMENTAIRE

COP27 oblige (en Egypte jusqu’au 18 novembre), l’urgence climatique est à l’affiche de nombreux programmes. Dans cette profusion, le numéro que l’émission « Science grand format » consacre aux projets en cours à New York, Rotterdam et Singapour pour lutter contre le risque de submersion marine sort du lot. A condition de passer outre l’introduction formatée – un pan de glacier qui s’effondre, des fumées qui s’échappent d’une usine, la vue aérienne d’un échangeur autoroutier…

Le documentaire de Laurence Thiriat se focalise donc sur trois mégapoles qui ont pour point commun d’être historiquement construites en partie sur des terres conquises sur la mer. Une séquence rappelle ainsi l’extension progressive des Pays-Bas grâce aux polders – ce qui explique que Rotterdam soit six mètres sous le niveau de la mer. De même, la cité-Etat de Singapour a conquis 22 % de sa superficie sur l’eau depuis son indépendance, en 1965.

Comme souvent, c’est une catastrophe qui provoque la prise de conscience du danger

Comme souvent, c’est une catastrophe qui provoque la prise de conscience du danger : les ravages causés par l’ouragan Sandy en 2012, sur la côte est des Etats-Unis, et la tempête du 31 janvier 1953 aux Pays-Bas, qui a tué plus de 1 800 personnes. Ce sont évidemment les réponses des scientifiques et des ingénieurs qui intéressent, à commencer par les dix-neuf jetées construites en un temps record au large de New York ou le plan Delta néerlandais, qui prévoit une centaine de barrages géants sur quarante ans.

Entre deux reportages, le film fait quelques détours par Toulouse, au centre Mercator Océan International, où les océanographes tentent de prévoir les tempêtes et la montée des océans, et à l’Observatoire de la Terre à Singapour, où les scientifiques parient sur la végétalisation des immeubles et le maintien de la mangrove. « Mais les ingénieurs savent que ce sera insuffisant », nous dit la voix off.

Solutions plus « naturelles »

Parallèlement, les projets se font de plus en plus pharaoniques. Au large de New York, la « barrière antitempête » de l’avant-port a un coût estimé à 119 milliards de dollars. A Singapour, le barrage de la Marina est unique au monde avec ses 350 mètres de long et ses neuf vannes.

« Nous devons voir très grand », confirme l’océanographe néerlandais Sjoerd Groeskamp, qui ne propose rien moins que d’ériger deux digues – l’une, de 476 kilomètres, entre l’Ecosse et la Norvège, et l’autre, de 160 kilomètres, entre la pointe sud des Cornouailles et la pointe nord du Finistère –, transformant la mer du Nord et la Manche en un grand lac.

Le plus novateur est le « moteur de sable », une péninsule artificielle de sable à évolution permanente lancée en 2011 au nord de Rotterdam

Des solutions plus « naturelles » sont aussi développées, comme la préservation de la Jamaica Bay, zone marécageuse à une heure de Manhattan, et la réintroduction massive d’huîtres, dont les récifs agissent comme des brise-lames. Sur les rives de Big Apple ont déjà commencé les travaux du « Big U », enchaînement de seize kilomètres de ponts, de murs, de talus et de collines censés reproduire ce que la nature avait façonné avant que l’homme n’investisse massivement les lieux.

Le plus novateur est le « moteur de sable », une péninsule artificielle de sable à évolution permanente lancée en 2011 au nord de Rotterdam, et dont le développement est étudié de près depuis – les premières conclusions sont prévues en 2025. « L’homme a besoin de temps pour comprendre. Pas sûr que la nature lui donne ce répit », assène le commentaire. Reste la solution ultime : rendre la terre à la mer.

Quand la mer menace les villes, documentaire de Laurence Thiriat (Fr., 2022, 90 min). Diffusé dans le cadre de l’émission « Science grand format » présentée par Mathieu Vidard, sur France 5.

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