Podcast. Alice Diop : « Je refuse d’être le symbole de la réalisatrice noire qui réussit »

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Noisy-le-Sec, à la lisière de Romainville et de Montreuil, en Seine-Saint-Denis. On tourne tout de suite à droite, après le bar de quartier. On s’arrête au fond de l’allée devant le portail d’une petite maison individuelle. On entre. Alice Diop nous reçoit chez elle à l’occasion de la sortie en salle de son film Saint-Omer, dans un espace « chaud et chaleureux » qui lui ressemble, fait « de bric et de broc, de tissus et de coussins rigolos ».

La réalisatrice âgée de 43 ans évoque son enfance à la Cité des 3000 d’Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) auprès de parents originaires du Sénégal tous les deux décédés avant ses 25 ans, son chien qui était la mascotte du quartier, la littérature comme un refuge où mettre à distance la violence du réel, Nina Simone, l’importance pour elle du langage, le choc de la découverte de l’histoire coloniale, toutes les portes que lui ont ouvert les œuvres d’Annie Ernaux.

Elle raconte aussi ce qui l’a attirée dans le fait divers qui a inspiré Saint-Omer, la bague de sa mère qui lui sert de talisman, son admiration pour Lamine Badian Kouyaté, fondateur de la marque Xuly Bët, Simone de Beauvoir et la place qu’elle accorde au doute, à l’universalité et à la singularité : « Les œuvres qui m’intéressent le plus sont celles qui ne prennent le pouvoir sur rien, sur aucun discours, aucune pensée et qui nous laisse une place pour vaciller, changer d’avis, prennent le risque de se perdre. Quand je vais à la rencontre de chasseurs pour mon documentaire Nous, je prends le risque de les aimer. »

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Depuis quatre saisons, la productrice Géraldine Sarratia interroge la construction et les méandres du goût d’une personnalité. Qu’ils ou elles soient créateurs, artistes, cuisiniers ou intellectuels, tous convoquent leurs souvenirs d’enfance, tous évoquent la dimension sociale et culturelle de la construction d’un corpus de goûts, d’un ensemble de valeurs.

Un podcast produit et présenté par Géraldine Sarratia (Genre idéal)

préparé avec l’aide de Diane Lisarelli et Imène Benlachtar

Enregistrement : Juste Bruyat

Montage : Guillaume Girault

Musique : Gotan Project

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