« Munich après le massacre », sur Histoire TV : le combat d’une vie

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HISTOIRE TV – DIMANCHE 4 SEPTEMBRE À 20 H 50 – DOCUMENTAIRE

La fête s’annonçait grandiose en cette fin d’été 1972. Pour la première fois de l’histoire, les Jeux olympiques, en l’occurrence ceux de Munich, en Allemagne, étaient diffusés en direct à partir du 26 août par les chaînes de télévision du monde entier.

Ankie Spitzer, la jeune épouse néerlandaise d’Andre Spitzer, entraîneur des escrimeurs israéliens, accompagnait son mari en Bavière, en compagnie de leur petite fille. « Le village olympique était vraiment un endroit idéal, se souvient-elle. Les athlètes se rencontraient, discutaient, dansaient. Un jour, Andre a reconnu les escrimeurs libanais et a voulu leur parler. Je lui ai dit qu’il avait perdu la tête parce qu’à l’époque, Israël était en guerre avec le Liban. Ils ont ri ensemble, comme si la guerre n’existait pas… »

Le 5 septembre, à l’aube, huit terroristes palestiniens appartenant au groupe Septembre noir s’introduisent dans le village olympique. En quelques heures, l’opération va coûter la vie à onze Israéliens dont Andre, le mari d’Ankie. Cinq des terroristes seront tués.

Se reconstruire

Ce drame, vécu en direct et en temps réel par le monde entier, aura profondément bouleversé la vie des quatre femmes dont ce documentaire un peu trop long, manquant de recul mais parfois émouvant, dresse les portraits.

Si les parcours de Marianne Gladnikoff et Sylvia Rafael, deux agentes du Mossad, et de la sprinteuse Esther Roth-Shachamorov ayant perdu son entraîneur lors de la tuerie de Munich, manquent d’épaisseur, le portrait d’Ankie Spitzer, qui a passé sa vie à combattre pour que les victimes de Munich ne soient pas oubliées, vaut le détour.

Comment vivre après un tel drame ? Comment honorer la mémoire des victimes, se reconstruire ? « Après Munich, mes parents voulaient que je revienne aux Pays-Bas. Mais c’était en Israël que je devais vivre. Si j’avais vécu dans une jolie petite maison à Amsterdam, je n’aurais jamais pu expliquer à ma fille qui était son père et comment c’était arrivé », explique celle qui est devenue journaliste chargée du Proche-Orient pour des médias néerlandais et belges.

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Sans relâche, cette femme va lutter pour que Comité international olympique rappelle au monde la mémoire des onze victimes de septembre 1972. Aux Jeux d’Atlanta en 1996, elle emmène les quatorze enfants ayant perdu leur père à Munich. Mais ce n’est qu’en 2016, aux Jeux de Rio, que le CIO organise enfin une cérémonie d’hommage aux victimes.

« Il me reste encore une chose à faire, lance Ankie qui souligne l’incompétence des forces de sécurité lors de la tragédie. Je veux qu’un comité d’enquête indépendant soit créé pour faire toute la lumière sur ce qui s’est passé. Cette histoire ne se résume pas à huit Palestiniens qui tuent onze Israéliens. » Le combat d’une vie.

Munich après le massacre de Francine Zuckerman (All./Can./Isr., 2019, 70 min).

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