« Mood », « 1899 », Trigger Point », « Inside Man » : nos choix de séries

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LA LISTE DE LA MATINALE

Le Royaume-Uni a beau user ses premiers ministres plus vite qu’Andy Warhol ses vedettes, la livre sterling a beau tanguer, la suprématie du royaume dans le monde des séries ne se dément pas, que ce soit en matière de diversité, de volume de production ou de qualité. Mais qu’attendre d’autre d’un pays qui a donné The Crown ?

« Mood » : les aventures de Sasha, entre demi-monde et industrie musicale

Parce qu’il commence par le réveil de Sasha après une nuit désastreuse dont seules quelques bribes surnagent, Mood, la série que l’autrice et interprète Nicôle Lecky a tirée de sa pièce Superhoe, invite à la comparaison avec I May Destroy You, l’admirable tragicomédie de Micaela Coel. Très vite, Mood emprunte un chemin qui lui est propre, fait de chronique sociale impitoyable (on est sur la BBC, alma mater de Ken Loach) et de comédie musicale, d’analyse féministe du commerce des corps et de peinture très fine de la relation entre l’existence et la création.

Sasha chante et rappe. Elle sent qu’elle est à deux doigts de la gloire, mais elle vit toujours chez sa mère et son beau-père, qui ne sont pas de la même couleur qu’elle. Contrainte à l’autonomie, elle se raccroche aux branches des réseaux sociaux, où elle acquiert bientôt une gloire aussi pesante que fragile.

Il y a de quoi plomber l’atmosphère, pourtant, c’est une sensation de vitalité irrépressible qui s’impose : aussi sordides que soient les aventures de Sasha sur un site qui ressemble beaucoup à Only Fans, aussi terrifiantes que soient ses escapades dans le monde des hommes riches, la façon dont Nicôle Lecky et ses réalisateurs mettent en scène la gestation des musiques qui naissent de ce terreau (pour rester poli) invite à l’empathie, voire à l’admiration, plutôt qu’au jugement ou à la lamentation. Thomas Sotinel

Série créée et interprétée par Nicôle Lecky, avec Lara Peake, Jorden Myrie, Jessica Hynes (Royaume-Uni, 6 × 52 min). Sur MyCanal, les 2 derniers épisodes sur Canal+ le 21 novembre à 21 heures.

« Trigger Point » : un polar british à l’ancienne

Pour qui n’a rien contre un bon petit polar à l’ancienne, Trigger Point confirmera le sérieux et l’ambition des séries britanniques policières actuelles. Celle-ci est entièrement pilotée par l’adrénaline, puisqu’il s’agit de plonger dans le quotidien d’une équipe de démineurs londoniens chevronnés. A sa tête, Lana Washington (Vicky McClure), une technicienne dont l’écriture défie agréablement quelques clichés habituels de la professionnelle badass. La série débute sur une intervention complexe dans une résidence de la capitale, qui implique plusieurs otages, plusieurs bombes et s’achève dans un bain de sang, mettant à cran les autorités, qui flairent dans l’attentat l’implication du terrorisme islamiste.

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