Louis Laforge se confie sur son cancer et le « long chemin parcouru » vers la guérison

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Foc Kan / WireImage Louis Laforge, ici en 2014, a révélé sur Twitter avoir lutté contre un cancer du rein en 2021.

Foc Kan / WireImage

Louis Laforge, ici en 2014, a révélé sur Twitter avoir lutté contre un cancer du rein en 2021.

CANCER – « Malgré les difficultés, malgré ce chemin douloureux, au bout il y a la vie. » Voici le message d’espoir que veut porter Louis Laforge. Le journaliste de France Télévisions, animateur sur la chaîne d’information en continu Franceinfo, a révélé samedi 27 août sur Twitter avoir été opéré un an plus tôt à cause d’un cancer du rein.

L’annonce a surpris des centaines d’internautes, qui ont relayé son message et lui ont témoigné leur soutien. « C’était très spontané, pas réfléchi. Je n’ai pas de community manager, je n’ai pas anticipé et je ne m’attendais pas à un tel retour », assure-t-il ce lundi 29 août au HuffPost, à qui il a accepté de raconter son parcours vers la guérison.

Le HuffPost : Pouvez-vous nous en dire plus sur votre maladie ?

Louis Laforge : Je m’en sors très bien, parce que c’est un cancer du rein qui a été détecté très tôt. J’ai senti une petite gêne au début de l’été dernier (2021, NDLR). Je suis tout de suite allé consulter avant de partir en vacances, je ne suis pas hypocondriaque mais je n’avais pas envie de passer ma pause estivale avec ça. Je pensais à des calculs rénaux.

J’ai fait un scanner le 16 juillet 2021, et on a découvert une tumeur, des trucs un peu bizarres qui se baladaient dans le canal de l’uretère, dans le côlon. Puis quand c’est parti, c’est parti : j’ai fait quatre anesthésies générales, une coloscopie, une fibroscopie, une urétéroscopie… J’ai eu une sonde rénale, avec une poche, jusqu’à mon opération le 27 août.

Même pour moi qui étais endormi, j’ai trouvé l’intervention très longue ! À mon réveil, j’ai retrouvé mon téléphone, j’ai fait un selfie que j’ai envoyé à ma femme et mes enfants. Puis j’ai complètement oublié la photo.

Pourquoi avoir décidé de publier le cliché, où l’on vous voit dans votre lit d’hôpital ?

Elle est ressortie samedi matin sur mon téléphone. Je n’avais pas oublié le 27 août 2021, mais en revoyant ce selfie, je me suis dit « waouh, que de chemin parcouru en un an ! ». Je n’avais jamais parlé de mon cancer publiquement parce que j’étais dans le dur, c’était compliqué et long, je n’avais pas la tête ni l’envie de parler de cela. Mais un an après, je me sens guéri, même si les médecins ne disent jamais que vous êtes guéri. Tout n’est pas parfait mais tout va très bien.

J’ai aussi repensé au doute, au stress des examens, des attentes de résultats qui peuvent prendre plusieurs heures ou jours, aux grosses machines dans lesquelles on rentre… Et des douleurs, de la souffrance que toutes celles et ceux qui, comme moi, passent par là. Je me suis que j’allais partager un message positif avec ma petite communauté : je suis guéri, je suis en vie, le personnel soignant, du grand professeur aux femmes de ménage en passant par les aides soignants, tout le monde est formidable.

J’ai sans doute inconsciemment écrit en pensant à un cousin décédé cet été d’un cancer des poumons, alors qu’il n’avait jamais fumé, à ma sœur décédée d’un cancer il y a 6 ans. C’est une réalité pour tellement de familles. Jusqu’à présent le cancer n’était pas une grande réussite dans ma famille. Je suis le premier à l’avoir combattu et vaincu.

La réaction a été immédiate sur Twitter, pensiez-vous toucher autant de personnes ?

C’était très spontané, pas réfléchi. Je n’ai pas de community manager, je n’ai pas anticipé et je ne m’attendais pas à un tel retour. J’ai gagné 1 500 abonnés en 48 heures, mon message a été vu plus d’un million de fois, c’est dingue. À part deux ou trois messages bizarres, tout le monde est d’une gentillesse… La plupart disent « bon courage », « vous êtes un guerrier, un warrior », mais je ne suis pas plus guerrier qu’un autre.

Beaucoup de gens se saisissent de ma prise de parole pour parler de la maladie, toutes les familles passent par ces phases-là de stress, de doute, de souffrance et ça fait du bien d’en parler. Et j’apporte une bonne nouvelle, on en a besoin en ce moment. C’est un message d’espoir : malgré les difficultés, malgré ce chemin douloureux, au bout il y a la vie. Et la vie est belle.

Comment allez-vous depuis un an ?

L’année a été longue. Je pense avoir vécu plusieurs années en un an. Dès qu’on touche à la tuyauterie, aux intestins, c’est compliqué. On peut vivre avec un seul rein, mais il faut surveiller. Par contre, les conséquences de la partie gastro-entérologie ont été plus douloureuses. C’est long, compliqué et douze mois après, ce n’est quand même pas tout à fait comme avant. Je suis passé par des phases de vraie douleur, à pleurer alors que je n’avais jamais pleuré de douleur de ma vie… Aujourd’hui, ça va beaucoup mieux.

Côté professionnel, la direction de France Télévisions a été très bienveillante. Je suis revenu à l’antenne pour les soirées électorales. Je n’étais pas encore en pleine forme, mais je ne voulais pas rater la séquence présidentielle/législatives, car c’est un exercice que j’apprécie particulièrement. C’était un peu prématuré, je l’ai payé dans les semaines qui ont suivi, mais j’étais tellement heureux de refaire mon métier.

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