« Les Enfants du frêne et de l’orme », de Neil Price, et « Le Monde viking », de Lucie Malbos : retour aux sources vikings

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« Les Enfants du frêne et de l’orme. Une histoire des Vikings » (The Children of Ash and Elm. A History of the Vikings), de Neil Price, traduit de l’anglais par Cécile Deniard, Seuil, « L’univers historique », 640 p., 27 €, numérique 19 €.

« Le Monde viking. Portraits de femmes et d’hommes de l’ancienne Scandinavie », de Lucie Malbos, Tallandier, 352 p., 21,90 €, numérique 15 €.

Comment redonner vie aux Vikings ? La question est au centre de deux ouvrages parus simultanément : Le Monde viking, de Lucie Malbos, maîtresse de conférences en histoire médiévale à l’université de Poitiers, et la traduction en français du best-seller du Britannique Neil Price, titulaire d’une chaire d’archéologie à l’université d’Uppsala (Suède), Les Enfants du frêne et de l’orme.

Plus que tout autre peuple, les Vikings représentent en effet un défi pour ceux qui, loin des ­clichés sensationnalistes véhiculés par Netflix et la série Vikings (2013-2020), entendent écrire leur histoire. Leurs célèbres sagas mettant en scène leurs dieux, leurs héros et plus largement leur système de croyances et de représentations furent, pour la plupart, rédigées au XIIIe siècle, bien après l’âge viking (traditionnellement fixé entre les VIIIe et XIe siècles), qui plus est par des auteurs chrétiens soucieux de dénoncer leur paganisme : un reflet pour le moins déformé. Et si l’écrit était maîtrisé par des franges de la ­population scandinave beaucoup plus larges que dans les sociétés chrétiennes du temps, Neil Price rappelle qu’il ne servait pas, comme chez elles, à coucher par écrit leur histoire collective, mais à garder la mémoire de défunts, d’échanges et de transactions du quotidien.

Multiples trouvailles archéologiques

Ainsi les Vikings inscrivaient-ils leurs caractères alphabétiques, les runes, partout, sur de monumentales pierres commémoratives comme sur les modestes bâtonnets de bois retrouvés dans le port marchand de Bergen (Norvège). On retrouve même leurs graffitis sur le célèbre lion du Pirée, à Venise, ou dans la basilique Sainte-Sophie, à Istanbul. Mais le récit de leurs hauts faits s’est perdu : nul vestige ou presque de leur intense activité poétique, demeurée orale.

Avec un talent remarquable de conteur, Neil Price pallie donc les lacunes des sources écrites en mettant à profit de multiples trouvailles archéologiques qui redonnent chair à ces vies si lointaines – de la première chaise haute de l’humanité aux spectaculaires bateaux-tombes des élites, en passant par les dents rainurées de certains défunts, qui rappellent, avec leurs peaux tatouées, leurs bijoux, les étoffes et les multiples peignes retrouvés lors de fouilles, l’importance surprenante que les Vikings accordaient à leur apparence physique.

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