Le retour de la « Star Academy » : chantons sous l’ennui

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A la fin, il n’en restera qu’un. Depuis le 15 octobre, la « Star Academy », mélange de « The Voice » et de « Koh Lanta », est de retour sur TF1 après quatorze ans d’absence. Pariant sur le principe que ce sont dans les vieux pots que l’on fait les meilleures daubes, le concept est donc repris à la lettre : de jeunes apprentis chanteurs enfermés dans le mythique château de Dammarie-lès-Lys (rénové pour l’occasion), en Seine-et-Marne, pour suivre des cours de danse, de chant, de théâtre, de sport et d’expression scénique et ainsi devenir des artistes accomplis, sous la houlette de leur directeur, Michael Goldman, fils de Jean-Jacques. A la clé, 100 000 euros et un contrat avec Sony Music.

Le quotidien est rythmé par les cours, les débriefings des prestations, et la préparation des évaluations au terme desquelles plusieurs d’entre eux seront nominés par les professeurs, pour être ensuite soumis à la vindicte du public. Chaque samedi soir, les téléspectateurs peuvent ainsi suivre les progrès des élèves sur scène, seuls ou en duo avec des artistes, dans une soirée en prime time et en direct présentée par le sautillant Nikos Aliagas, sorte de Michel Drucker du télécrochet. A la fin de l’émission, le public sauve un candidat, les élèves éliminent l’un des leurs.

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Pour les fans de la première heure, qui ont vu naître Jenifer, Olivia Ruiz, Nolwenn Leroy ou Gregory Lemarchal, se coller en 2022 devant la « Star Ac » donne l’impression de tomber dans une faille spatio-temporelle, à une époque où les réseaux sociaux, le réchauffement climatique, les virus, les attentats, la « start-up nation », les influenceurs et Cyril Hanouna n’existaient (presque) pas. Un doudou audiovisuel, où les seuls débats tournent autour des « harmo », de la « choré » et de la « tona ».

Le seul chant des oiseaux

Le « direct » diffusé sur TF1 Max, où les élèves sont filmés seize heures sur vingt-quatre, contrarie la règle première de la télé en général et du divertissement en particulier, en invitant à une forme de méditation silencieuse, générant un ennui presque revigorant, dans une société médiatique ultraconnectée, bavarde, alimentée par le clash permanent et les discours stériles. L’image peut rester bloquée plusieurs minutes sur une vue du château baigné de soleil, perturbée par le seul chant des oiseaux, ou sur des roseaux caressés par le vent qui surplombent un étang.

Les multiples coupures du live échappent à toute logique ; on ne comprend jamais pourquoi telle conversation sur la météo est soudainement interrompue

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