« Le porno sera-t-il bientôt interdit ? », sur France 2 : enquête sur une industrie qui détruit des vies

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FRANCE 2 – JEUDI 29 SEPTEMBRE À 23 HEURES – MAGAZINE

En France, où il est intolérable qu’une femme soit giflée, un homme peut participer à des bukkake. Pour celles et ceux qui ne connaissent pas encore ce mot japonais, qui signifie littéralement « éclabousser », il désigne une pratique sexuelle de groupe, où des hommes, masqués, jusqu’à plusieurs dizaines, éjaculent en même temps sur le visage d’une femme. Il suffit d’être abonné à un site pornographique (moyennant 30 euros par mois).

C’est l’un des sujets abordés par « Complément d’enquête » – la diffusion en a été avancée pour correspondre à la publication, le 29 septembre, du rapport de la délégation aux droits des femmes du Sénat sur les conditions de tournage des films X et l’accès des mineurs aux contenus pornographiques.

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« Un sujet difficile mais nécessaire », estime Hugo Plagnard, rédacteur en chef du magazine de France 2 présenté par Tristan Waleckx. Le reportage débute à Londres, où Leigh Nicol, jeune joueuse de football de Crystal Palace, a vu sa vie s’effondrer lorsque, en 2019, une vidéo la montrant avec un ancien petit copain en train de faire l’amour s’est retrouvée sur le site PornHub ; puis en Hongrie, où Pierre Woodman, un ex-policier et acteur du X, produit des films pornographiques pour son site payant.

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Plaintes pour viol

« Le porno sera-t-il bientôt interdit ? », interroge « Complément d’enquête ». Comme un copier-coller de l’article du Point du 9 septembre 2021 : « Les sites pornos, bientôt inaccessibles en France ? ». Il serait faux, pourtant, de croire que rien n’avance. Depuis 2018, une trentaine de plaintes pour viol ont été déposées par des actrices porno, et deux enquêtes de police sont en cours.

Le magazine a choisi de se concentrer sur Pascal Ollitrault, dit « Pascal OP », patron du site French Bukkake. Deux des jeunes femmes qui ont porté plainte témoignent courageusement devant la caméra des humiliations et des violences, tellement semblables : le manque d’argent, leur unique fois, puis l’humiliation et la douleur. Deux récits éprouvants qui percutent les propos sidérants de « Pascal OP » : « Elles ont toutes un loyer à payer à la fin du mois. Sinon ce sont des petites salopes qui ont envie de se faire baiser. »

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L’enquête tentaculaire va aussi mener les policiers jusqu’à Michel Piron, fondateur du site Jacquie et Michel, multimillionnaire mis en examen, le 17 juin, pour « complicité de viol » et « traite d’être humain en bande organisée ». Puis à Grégory Dorcel, directeur général de la société de production de films pornographiques Marc Dorcel (son père). Enfin à Stéphane Pacaud, dont les deux sites XVideos et XNXX cumulent près de 6 milliards de vues par mois.

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Pourquoi s’infliger un tel spectacle ? Pour deux chiffres : une recherche sur cinq réalisées sur un smartphone concerne un site classé X, et 17 millions de Français vont chaque mois sur des sites pornographiques.

« Le porno sera-t-il bientôt interdit ? », de Rola Tarsissi, Mathieu Dreujou et Michel Pignard, interdit aux moins de 16 ans (Fr., 2022, 55 min).

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