Le metteur en scène Thomas Jolly démissionne de la direction du Quai à Angers

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Directeur du centre dramatique national Le Quai, à Angers, le metteur en scène Thomas Jolly n’ira pas au bout de son mandat dont le terme est prévu en décembre 2023. Après de longues tractations avec ses autorités de tutelle, la ville d’Angers et le ministère de la Culture, pour tenter de trouver une solution alternative, l’artiste de 40 ans a dû se résoudre à remettre sa démission, comme il l’a annoncé par courriel aux membres du personnel du Quai, mercredi 9 novembre.

Déjà très pris par la direction artistique de la comédie musicale Starmania à La Seine musicale, Thomas Jolly a accepté, le 26 septembre, la prestigieuse mission de mettre en scène les cérémonies d’ouverture et de clôture des Jeux olympiques et paralympiques de Paris, en 2024. Une suractivité qui l’obligeait sans doute à faire des choix.

Thomas Jolly va donc quitter Angers après trois années marquées par de belles réussites artistiques mais aussi de sourdes tensions dans l’équipe qu’il dirigeait. Arrivé au début de la pandémie de Covid-19, en janvier 2020, le metteur en scène avait séduit les Angevins confinés en proposant, depuis son balcon, une version très personnelle de Roméo et Juliette. Il a par la suite déroulé des programmations ambitieuses avec notamment deux œuvres shakespeariennes, Henry VI et Richard III, proposées en continu et sur vingt-quatre heures en juin.

« Epopée shakespearienne pionnière et inédite »

Dans l’hommage qui lui a été rendu le 10 novembre, Nicolas Dufétel, adjoint à la culture de la ville d’Angers, en fait d’ailleurs mention : « La ville d’Angers est fière d’avoir été la scène des créations et actions de Thomas Jolly, notamment de cette épopée shakespearienne pionnière et inédite. Les spectateurs chanceux qui l’ont vécue resteront marqués par cette expérience théâtrale intense. »

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Si le bilan artistique est excellent, le bilan financier et humain est plus mitigé. Son absence de quatre mois, négociée avant son arrivée, pour monter Starmania avait créé quelques tensions internes que sa nomination pour les JO de Paris n’a fait que renforcer. « Tout de suite, nous avons posé la question de son maintien à la tête du Quai », confirme un délégué syndical. « La direction et les organismes de tutelle n’ont pas répondu, laissant un flou s’installer. » Et pour cause, l’idée était alors de permettre à Thomas Jolly de suspendre son contrat pendant deux ans afin d’assurer sa mission olympique. Une option dont les équipes ne voulaient manifestement pas. D’autant que financièrement, les propositions artistiques de Thomas Jolly ont sérieusement entamé l’équilibre budgétaire de l’établissement public, déjà rendu précaire par la crise sanitaire. Le conseil d’administration a ainsi pointé, le 11 octobre, « une activité trop coûteuse en l’état », en soulignant « la difficulté à vendre les spectacles produits par Le Quai ».

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